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Pascale Martel est championne provinciale de patinage artistique

La patineuse Pascale Martel et l'entraîneure Violaine Émard en pleine discussion

Pascale Martel est championne provinciale de patinage artistique

Malgré des problèmes d’audition

Être championne provinciale de patinage artistique est déjà un exploit en soi, mais quand on apprend que la patineuse est malentendante, il y a de quoi faire écarquiller bien des yeux.

C’est exactement ce que la Lorraine Pascale Martel a réussi, il y a quelque temps, en remportant la finale provinciale Michel Proulx STAR dans la catégorie Senior Bronze. Dans le cadre du mois de la surdité, voilà un bel exemple à suivre.

L’ouïe de Pascale est à 50 % de celle d’une personne qui entend normalement. Avec ses appareils, elle améliore son audition, mais jamais elle n’atteindra la perfection. Les sons aigus lui causent le plus de difficultés.

Repousser ses limites

Pascale est la benjamine d’une famille de trois enfants. Sa soeur aînée, qui a aujourd’hui 20 ans, est aux prises avec le même handicap, mais c’est à l’âge de cinq ans que ses parents, Sonia Noël et François Martel, s’en sont rendu compte.

Tandis que pour Pascale, c’est dès la naissance que les médecins ont diagnostiqué le tout. Résultat, elle a été à la prématernelle et à la maternelle dans des classes adaptées avec d’autres enfants comme elle.

Avant d’entrer au primaire, elle se fait dire qu’elle est bonne pour aller à l’école régulière. Une nouvelle que la petite famille accueille avec joie. À l’école, Pascale a d’excellents résultats tout en continuant le patinage artistique, sport qu’elle a découvert à l’âge de 2 ans et demi grâce à Sylvie Lapointe, sa gardienne de l’époque, qui avait trois filles qui pratiquaient cette discipline.

En septembre dernier, elle a fait le saut au secondaire dans un programme Sport-Études, à l’école Saint-Gabriel. Son entraîneur, Yvan Desjardins, de l’École Excellence Rosemère, a décidé de ne pas lui ajouter une pression supplémentaire en la faisant patiner dans une catégorie supérieure afin qu’elle puisse faire la transition du primaire au secondaire en douceur.

«Sans avoir de mauvaises notes, c’était plus difficile au début, admet sa mère. Mais plus l’année avançait, plus les notes se sont améliorées. Elle est secondée à l’école par Myriam Verdoni, qui lui donne un précieux coup de main.»

La confiance en soi

Il n’est pas rare d’observer, chez les personnes qui ont des problèmes auditifs, qu’elles font tout pour le cacher. Quand elles portent des appareils, les filles tentent de garder les cheveux longs et détachés pour cacher leurs oreilles.

C’est exactement ce que fait la grande soeur de Pascale, qui n’est pas très à l’aise avec l’idée de parler de ça ouvertement. «La soeur de Pascale était plus renfermée et elle se plongeait plus dans ses études et la lecture», explique Sonia Noël.

Encore aujourd’hui, elle n’aime pas en parler, ce qui n’empêche pas sa réussite puisqu’elle entrera à l’Université de Trois-Rivières pour devenir comptable agréée.

C’est pour démontrer que tout est possible que Pascale a accepté d’en parler. En patinage artistique, il est important d’entendre la musique pour bien rendre la chorégraphie.

Elle a l’option de prévenir les juges avant de sauter sur la patinoire pour que ceux-ci soient moins sévères avec sa musicalité, mais il n’en est pas question. «Je n’ai pas envie d’être jugé différemment. Si je gagne, je veux le mériter et non parce que je suis malentendante», a lancé Pascale.

Chez les prénovices

L’année prochaine, elle patinera au niveau prénovice et elle espère bien finir parmi les 20 meilleures au Québec, ce qui serait un exploit. Pour ce faire, elle pratique présentement les triples sauts et elle est sur le point d’atterrir le triple Salcow.

Pour pouvoir patiner dans cette catégorie, elle a dû réussir les tests qui avaient lieu à Deux-Montagnes, et l’histoire est savoureuse.

À sa sortie de la patinoire, elle va voir l’entraîneure Claudine Morency, qui l’accompagne, et lui lance: «Il n’y a pas de musique ici.»

Bien sûr qu’il y en en avait, mais ses appareils sont intelligents et ne captent pas les sons qui viennent d’en arrière, pour éviter la cacophonie. Comme les organisateurs n’avaient pas raccordé la radio au haut-parleur central, ce ne sont que les petits haut-parleurs sur le bord de la cabine du marqueur qui fonctionnaient. Malgré tout, elle a passé son test haut la main.

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