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La beauté des choses que l’on perd

(Photo Pierre Latour)

La beauté des choses que l’on perd

Marcia Hesse, de Fabrice Melquiot, à l’Option-Théâtre

Reynald Robinson est un metteur en scène qui se laisse toujours guider par une sensibilité qu’on devine à fleur de peau. Amoureux de Tchekhov (l’Option-Théâtre lui avait d’ailleurs confié un vibrant spectacle, Chronique d’une fin d’après-midi, consacré à ce grand auteur, il y a quelques années), il dira qu’il aime savourer la joie d’entrer dans un univers pour ne jamais finir de le comprendre.

Son récent rapatriement à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx n’a cependant rien à voir avec Tchekhov, ou si peu, puisque c’est Marcia Hesse, une pièce de son grand ami Fabrice Melquiot, qu’il cuisine actuellement avec les finissants de l’institution térésienne, qui nous serviront la chose, dans une semaine, au studio Charles-Valois.

On se retrouvera dans une villa de bord de mer, en pleine réunion d’une famille élargie et dispersée qui s’y retrouve une fois l’an, pour célébrer le temps des fêtes et raviver le souvenir de Marcia, jeune femme décédée dont le fantôme hante théâtralement les lieux. Un portrait de famille instantané, avec ses conversations qui s’entremêlent et des personnages qui se révèlent peu à peu par la parole, mais surtout dans le non-dit. Tchékhovien.
«C’est un texte large avec lequel on peut dire beaucoup de choses», note le metteur en scène, qui relève aussi les nombreux silences et les répliques brisées qui le jalonnent. C’est dans ces silences, dans l’espace entre les répliques que se trouve l’essentiel, indique d’ailleurs l’auteur, dans une entrevue butinée sur le Web. Pour Reynald Robinson, cette Marcia Hesse aborde la vie comme un état de deuil éternel. «Dans la vie, on perd continuellement des choses. Il faut savoir regarder la beauté de ce que l’on perd et s’en souvenir», pense-t-il.

De son amitié avec Melquiot, il dira cette admiration partagée pour Tchekhov (encore) et Lorca: «Tous deux, nous aimons les êtres humains et les détails de la vie, avec la même tristesse et le même amour.» Il dira aussi, une lueur dans l’œil, son engouement pour la représentation théâtrale: «Monter un spectacle, c’est comme créer un cadeau pour l’offrir au public. J’aime aussi recevoir ce genre de cadeau: entrer dans une salle, voir un spectacle et en ressortir transformé.»

Ce cadeau aura donc été fabriqué avec la complicité des finissants en interprétation, qui relèveront alors ce grand défi du non-dit, tout comme celle des finissants du secteur production appelés à concevoir et aménager l’espace de jeu. Ainsi, le décor de Joanie L’Archevêque Pauzé évoquera le navire en pleine tempête (émotionnelle), le tout appuyé poétiquement par les éclairages de Tania Pettigrew, qui fera aussi alterner les ambiances réalistes, fera émerger Marcia d’un mur de lumière blanche et viendra parfois souligner l’expression dramatique en créant des ombres sur les visages.

Les interprètes porteront les costumes «vibrants et colorés» (collés sur l’âge de chacun des personnages) conçus par Simon Farley, alors que la conception de la bande sonore a été confiée à Maude Serrurier, qui propose deux niveaux de tempête, la vraie, avec des sons réalistes, et celle des émotions, avec des bruits et des sons déformés. La trame sonore soulignera par ailleurs l’évolution dramatique de la pièce en s’appuyant sur des œuvres musicales privilégiant les cordes et le piano.

Six représentations sont prévues, du 21 au 25 mars, à 19 h 30, en plus d’un spectacle à 14 h, le dimanche 22 mars. On s’informe à la billetterie du Théâtre Lionel-Groulx, au 450-434-4006.

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