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De l’amour dans l’air

(Photo Yves Déry)

De l’amour dans l’air

Les Cowboys Fringants

Si La grand-messe n’avait pas déjà intitulé un des albums des Cowboys Fringants, c’est probablement ainsi qu’on aurait pu nommer le présent article. Car c’est avec un pouvoir de rassemblement quasi religieux que la formation a accueilli ses fidèles au Théâtre Lionel-Groulx, le 20 février dernier.

De tous les âges, le public a rapidement envahi le parterre dans un concert d’applaudissements nourris de cris de joie et de paroles connues par cœur. Les membres du groupe demeurent accessibles, une bande d’amis jouant pour le plaisir de jouer, et pour le plaisir, aussi, de faire plaisir. C’est déjà plein d’amour dans l’air alors que les Cowboys font leur entrée en scène avec décontraction et sourire aux lèvres, et que se précipitent à l’avant-scène des dizaines de fans.

Sur le plateau baigné d’une chaude lumière, de grandes toiles peintes reprennent les magnifiques illustrations de l’album L’expédition. Les Cowboys prennent place, entamant Droit devant. On sent aussitôt la chaleur du public, l’énergie sur scène, la complicité entre les musiciens qui s’en donnent à cœur joie. L’ambiance, déjà à la fête, explose bien vite avec La manifestation, bel exemple de ce penchant pour l’autodérision et l’irrévérence propre aux premiers succès du groupe. Mais si l’humour fait partie intégrante de l’œuvre des Cowboys Fringants et qu’ils ont le chic pour raconter les histoires, les quotidiens, les personnages (Gina Pinard, La Catherine, Ti-Cul, La reine entre autres), les portraits qu’ils dressent du présent et de l’avenir se font souvent peu reluisants, dénonçant avec un réalisme cru, tantôt teinté d’espoir ou de pessimisme, la surconsommation, les coupes à blanc, le manque de conscience environnementale. Des sujets lourds sur des musiques festives à la sonorité reconnaissable entre toutes des Cowboys. Mais outre l’humour et l’engagement sociopolitique, le groupe sait également bouleverser, avec des pièces telle La tête haute et ses mots simples qui nous atteignent en plein cœur. Ils dépeignent également le Québec sous toutes ses coutures, ses paysages et ses petits travers, avec des textes comico-tragiques souvent lumineux, dans lesquels chacun peut se reconnaître.

Mais quel que soit le propos, la fête bat son plein au parterre comme au balcon, dans une ambiance survoltée comme on en voit rarement au Théâtre Lionel-Groulx. Chaque chanson génère immanquablement un tonnerre d’applaudissements dès les premières mesures chez ce public conquis d’avance. Fin connaisseur du répertoire des Cowboys, il se délecte des plus anciens succès (Joyeux Calvaire, L’hiver approche, ou encore En berne qui suscitera la plus forte réaction) comme des nouveaux morceaux tirés du récent Sur un air de déjà vu.

En rappel, on nous offre le désormais classique Mon chum Rémi, au rythme de laquelle la foule oscille doucement dans une belle chorale, l’endiablée Awikatchikaën, puis la touchante Les étoiles filantes qui conclut en beauté ce généreux concert. Car c’est l’accessibilité des Cowboys, leur simplicité, qui les lient à un public qui leur est très attaché, pas avare de son amour ni de son admiration pour ces excellents musiciens. Le groupe le lui rend d’ailleurs très bien, généreux de ses interventions, de son temps et surtout, de sa musique.

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