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«Il est temps de recycler votre deuxième frigo» — Claude Demers

(Photo Michel Chartrand)

«Il est temps de recycler votre deuxième frigo» — Claude Demers

Conférencier sur l’efficacité énergétique à la CCITB

L’efficacité énergétique, avec une population plus consciente de sa responsabilité environnementale, c’est une tendance lourde. Néanmoins, les Québécois adoptent certaines habitudes particulières qui vont à contre-courant

C’est l’une des conclusions qu’il faut tirer de l’exposé intitulé La face cachée de l’efficacité énergétique et présenté par Claude Demers, communicateur scientifique aux Affaires publiques à Hydro-Québec, à titre de conférencier invité des dîners de la Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville (CCITB), le 20 janvier dernier.
«À titre d’exemple parmi les habitudes distinctes du Québec par rapport au reste de l’Amérique du Nord, on remplace notre vieux réfrigérateur par un à plus faible consommation énergétique, mais on branche tout de suite l’ancien au sous-sol. Or, il faut savoir que le réfrigérateur est l’électroménager qui consomme généralement le plus dans la maison. Les Québécois sont les champions du deuxième frigo», avance Claude Demers avec une pointe d’humour.

Portant la marque de la bonne volonté, certains gestes énergétiques peuvent donc rapidement être annulés.

En ce sens, Hydro-Québec a mis sur pied le programme Recyc-Frigo et M. Demers n’a pas manqué d’en faire la promotion. Chaque réfrigérateur énergivore recyclé procure à son propriétaire une récompense de 60 $ de la part de la société d’État.

Globalement, selon Claude Demers, les Québécois emménagent dans des maisons mieux conçues sur le plan énergétique, et préconisent l’acquisition d’appareils électriques et électroniques parfois plus économiques, mais en achètent davantage.
«Il n’est plus rare de voir des familles posséder deux même trois ordinateurs et plusieurs téléviseurs à ACL, sans oublier les consoles de jeu, les iPod, et j’en passe. La demande en électricité s’en voit considérablement augmentée», explique-t-il.

Les taux d’intérêt hypothécaires, qui se maintiennent à un bas niveau depuis 2002, ont également eu pour effet de favoriser l’essor de la construction résidentielle. Ainsi, le nombre moyen de branchements annuels enregistrés chez Hydro-Québec, qui se situait à 22 000 entre 1995 à 2001, est passé à 50 000 pour la période allant de 2002 à 2008. Voilà qui équivaut à plus de 350 000 nouvelles résidences.

Qui plus est, la surface habitable moyenne des nouvelles maisons québécoises a crû de façon très nette. «On construit des demeures plus vastes et elles nécessitent donc plus d’énergie pour le chauffage. De 1985 à 2005, leur superficie moyenne a grimpé de 1 200 pieds carrés à 2 000 pieds carrés», poursuit le conférencier.

Lorsqu’on décortique d’ailleurs la consommation d’électricité pour les foyers chauffés à l’électricité, le système de chauffage compte pour 54 %, suivi du chauffe-eau à 20 %, des électroménagers à 18 %, de l’éclairage à 5 % et les autres appareils à 3 %.
«La popularité grandissante de la climatisation durant l’été, qui a doublé (de 18 % à 36 % des demeures branchées) entre 1985 et 2005, met également de la pression sur le réseau électrique», souligne Claude Demers.

Le secteur résidentiel occupe 30 % de toute la consommation d’électricité au Québec. Le secteur industriel domine avec 51 %, notamment en raison des besoins élevés en électricité des alumineries. Le secteur commercial en exige 19 %.

Se livrer à de meilleures pratiques

Faisant un rappel des autres gestes simples à poser pour être plus écoénergétique pendant toute l’année, Claude Demers recommande le lavage du linge à l’eau froide et le remplacement de clapets de sécheuse et de hotte de cuisinière étanches qui sont, selon le conférencier, des entrées d’air redoutables lorsqu’elles sont en mauvaise condition.

Durant l’été, l’installation d’une minuterie de piscine pour le filtreur et le séchage des vêtements par suspension plutôt qu’à la sécheuse sont également recommandés.
«Bien entendu, être plus sobre dans l’installation de lumières de Noël peut avoir de l’influence en hiver. Un groupe de 100 000 résidences qui allument ses décorations de Noël en décembre nécessite 500 mégawatts d’électricité, ce qui est énorme», assure le conseiller en communication d’entreprise pour Hydro-Québec depuis 30 ans.

D’après M. Demers, si tous les foyers chauffés du Québec abaissaient la température de 1 degré Celsius, on réduirait la demande en énergie de 2 milliards de kilowattheures par an, soit l’équivalent de la consommation de 14 000 résidences.

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