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Entête - Économie

Pas si facile de quitter un conjoint violent

20 ans après la tuerie à Polytechnique

C’est ce dimanche 6 décembre que l’on célèbrera les 20 ans de la terrible tragédie de Polytechnique. Deux décennies se sont maintenant écoulées et l’on est en droit de se demander si la violence conjugale a toujours sa place dans les chaumières québécoises. Force est de constater que oui.

«Il n’est pas facile de quitter un conjoint violent. Parce que si c’était aussi simple, les femmes partiraient rapidement. La crainte de ne plus trouver un conjoint, la peur de la solitude, les menaces financières, entre autres, font partie des raisons qui poussent les femmes à rester avec leur conjoint. Et, bien sûr, il y a également la peur de se séparer des “autres qualités” de son compagnon», explique Chantal Vézina, responsable des services cliniques de la maison d’accueil Le Mitan.
«L’homme qui pique une crise jusqu’à quatre heures du matin en cassant les objets autour de lui parce qu’il croit revivre les mêmes choses qu’avec son ex, va-t-on le laisser pour ça? Bien sûr que non, on compatit», de continuer cette dernière.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Il suffit de jeter un coup d’œil sur les statistiques d’hébergement 2008-2009 de la maison d’accueil Le Mitan: les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le groupe d’âge le plus touché est celui des femmes âgées de 36 à 40 ans. Elles représentent 25,8 % des femmes hébergées. Leurs enfants ont entre 10 et 15 ans et constituent presque 43 % de la clientèle enfantine. Sur les 62 femmes qui resteront en moyenne 38,5 jours à la maison Le Mitan, neuf porteront plainte contre le conjoint, soit huit pour violence psychologique et physique et une pour violence psychologique.

Des stéréotypes tenaces

Considérer que les femmes violentées sont des êtres isolés est une utopie. «Ce ne sont pas toutes les femmes qui sont isolées. Certaines sont des femmes aimées par leur entourage; elles travaillent et ne sont pas toutes au chômage», soutient Mme Vézina.
À ce chapitre, soulignons que les deux principales sources de revenus des femmes violentées sont l’emploi et la rente dans 54 % de temps. Seuls 24,2 % d’entre elles bénéficient de la Sécurité du revenu.

Montée du masculinisme?

On constate, à la maison Le Mitan, la montée du masculinisme. En effet, selon Chantal Vézina et Mireille Langois, directrice générale de l’endroit, on remarque qu’il est plus difficile de parler de violence faite aux femmes.
«On a de la difficulté à en discuter parce que la première question que l’on nous pose concerne la violence faite aux hommes. Il est devenu moins permis qu’avant d’échanger sur la question. On remarque même que les hommes ont davantage de crédibilité lorsqu’ils s’entretiennent sur la violence faite aux femmes», rapporte Mme Vézina. «Néanmoins, il ne faut pas croire que l’on est contre les hommes. On est là pour combattre le fléau de la violence conjugale et familiale», conclut-elle.

Provenance des femmes et des enfants hébergés

Blainville: 6 femmes, 2 enfants.

Boisbriand: 4 femmes, 6 enfants.

Bois-des-Filion: 3 femmes, 1 enfant.

Deux-Montagnes: 5 femmes, 4 enfants.

Mirabel: 1 femme.

Sainte-Anne-des-Plaines: 4 femmes, 9 enfants.

Saint-Eustache: 5 femmes, 4 enfants.

Sainte-Thérèse: 8 femmes, 6 enfants.

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