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La maison de Marcel Monette quitte la route 335

(Photo Michel Chartrand)

La maison de Marcel Monette quitte la route 335

À Sainte-Anne-des-Plaines

Les émotions étaient partagées en ce jeudi matin pluvieux du 16 juillet alors que la maison de Marcel Monette quittait définitivement son emplacement des 42 dernières années, sur la route 335, à Sainte-Anne-des-Plaines. Déménagée, tout comme celle de deux voisins, en raison de la reconfiguration imminente de ce dangereux tronçon, communément appelé la courbe de la mort, la maison de M. Monette compte parmi les 16 expropriations effectuées par le ministère des Transports en vue des travaux.

«Je suis très amer de toute cette situation», résume celui qui porte ce dossier à bout de bras depuis 30 ans. Amer et surtout très en colère parce qu’après toutes ces années, M. Monette demeure avec le sentiment qu’il n’a pas été écouté, encore moins respecté dans sa démarche. «J’ai aujourd’hui 71 ans. J’aurais aimé que ça se passe avant et autrement. Là, je suis fatigué et brûlé par toute cette histoire», a-t-il laissé tombé, quelques minutes avant que le camion transportant sa maison ne prenne la route en direction de son nouvel emplacement, sur le rang Lepage. Parallèlement, du côté de sa fille, Marie-Christine, l’heure était davantage à la tristesse. «Je suis née dans cette maison. Ça me fait tout drôle de la voir partir», a-t-elle soufflé, émue.

Une leçon de ténacité

Intarissable sur le sujet et précis quant aux dates et évènements survenus depuis les 30 dernières années, M. Monette n’a rien oublié. Ni des dizaines de gens rencontrés au fil du temps, encore moins des accidents qui se sont déroulés devant chez lui. «Tous ces accidents et ces morts… je vis avec ça tous les jours», a-t-il souligné. Malgré que le gouvernement ait reconnu cette section de route comme étant «extrêmement dangereuse», telle qu’en fait foi une lettre datée de 1976, par laquelle le ministre des Communications et député de Terrebonne, Denis Hardy, demandait aux fonctionnaires du ministère des Transports de corriger la situation, il aura fallu attendre toutes ces années, une dizaine de morts et d’innombrables accidents avant que le ministère des Transports ne se décide enfin à agir. Une belle leçon de ténacité, souligne tout de même celui qui espère voir son histoire en inspirer d’autres. «Si au moins mon histoire peut servir à aider les jeunes à comprendre que la ténacité mène à la réussite», a-t-il indiqué.

Reste qu’aujourd’hui, et bien qu’il ressente un certain soulagement à voir tous ses efforts enfin aboutir, M. Monette ne peut s’empêcher de demeurer sceptique quant à la suite des choses. «C’est vrai, je suis exproprié et je suis payé. Mais la route n’est pas encore faite», a-t-il pointé.

Selon les informations obtenues, les travaux de reconfiguration de ce tronçon de la route 335 sont censés débuter en septembre prochain.

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