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Voyager grâce à la musique

Jean Deschênes amène le public dans un voyage musical le long du Danube.

Voyager grâce à la musique

Parcourir 3 000 kilomètres en une heure, le long du second plus grand fleuve d’Europe, semble, bien sûr, relever de l’impossible. Et pourtant, le plus récent concert en plein air de la série Place du Village en spectacle nous en offrait le 6 août dernier la possibilité, tout en demeurant bien assis, à deux pas de chez soi, dans la douce brise du mois d’août…

Un voyage qui nous a transportés de la source du Danube jusqu’à son delta, plus précisément au cœur de l’empire austro-hongrois du 19e siècle, et rendu possible par la magie de la musique. Le beau Danube jaune, concert créé par Jean Deschênes, s’inspire de son propre périple à vélo le long du fleuve, et propose un clin d’œil au roman éponyme de Jules Verne. Pour donner vie à ce projet, Deschênes s’est entouré de l’Ensemble Transatlantik Schrammel dont il fait partie, des guitaristes jazz manouche du Trio BBQ ainsi que d’Alexandru Sura, virtuose du cymbalum et originaire de Moldavie.

Durant cette heure qui file comme le vent, le public à l’écoute attentive découvre avec plaisir les différentes couleurs des musiques de dix pays d’Europe, d’ouest en est. On part ainsi à la rencontre de quatre grandes cultures mondiales, soit les cultures germanique, slave, latine et turque, et des parfums qui les distinguent. Le tout est mené par un Jean Deschênes passionné et dynamique, prenant le temps d’expliquer, de raconter la genèse du concert, de donner des précisions géographiques ou musicales sur les pièces au programme. Il nous guide ainsi à travers les subtilités des héritages musicaux viennois, slovaque, hongrois, croate, serbe, bulgare, roumain, gitan et juif, ces deux derniers peuples ayant eu une influence considérable sur la musique européenne de l’Est. Mais le voyage débute à Vienne, sur les notes délicates et raffinées de la valse de Strauss, Le Danube bleu, à laquelle se joignent Alexandru Sura et son cymbalum. Ce dernier, également appelé «piano tzigane», est un instrument à cordes frappées à l’aide de maillets. Tout au long du concert, Sura les fait virevolter, frappant les cordes à une vitesse vertigineuse, offrant une performance des plus impressionnantes.

Mais l’aspect le plus intéressant de ce projet d’envergure reste le métissage des genres musicaux et la réunion sur scène d’artistes aux horizons différents. Il faut entendre la Cinquième dans Hongroise de Brahms «à la sauce BBQ», alors que les guitaristes manouches s’amusent visiblement à revisiter à leur manière cette pièce si éloignée de leur habituel répertoire. Les textures musicales s’entremêlent, les influences se côtoient d’heureuse façon à l’instar des musiciens, qui livrent la marchandise avec rigueur et passion, une pointe d’humour également. Grâce à une exécution soignée et parfaitement maîtrisée, on ressent à merveille les différentes nuances qui colorent les pièces, les sonorités arabisantes, exotiques, plus on se déplace vers l’Est. Des vagues mélancoliques se frottent à des chansons de taverne, des danses sautillantes à des rythmes comme des montagnes russes ou un accordéon lancinant, des notes limpides, autant de sons et de mélodies qui font voyager, le long du beau Danube jaune.

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