- PUBLICITÉ -
Variations énigmatiques: le choc amoureux

Emmanuel Bédard et Vincent Champoux

Variations énigmatiques: le choc amoureux

Existe-t-il un sujet plus ancien, plus exploré que l’amour? Le théâtre, la littérature, la musique s’abreuvent depuis la nuit des temps à même l’amour et ses aléas, ses méandres, ses dédales de tendresse et de désir, mais aussi de douleur et de mensonge.

Les Variations énigmatiques d’Eric-Emmanuel Schmitt, mises en scène par Hughes Frenette, y puisent également leur source, dans un huis clos habile à saveur philosophique et humoristique, au cœur de la mer de Norvège, bercé par une mystérieuse musique…

Abel Znorko (Emmanuel Bédard), écrivain cynique, Prix Nobel et misanthrope, vit en reclus sur une île du nord de l’Europe. Son apparente quiétude est interrompue par l’arrivée d’un journaliste, Erik Larsen (Vincent Champoux), qu’il a étonnamment accepté de recevoir pour un entretien au sujet de son dernier livre, L’amour inavoué. Ce récit épistolaire, relatant la correspondance qu’aurait poursuivie Znorko pendant quinze ans avec une amoureuse qu’il jure fictive, détonne au milieu de ses habituels écrits philosophiques. Larsen y voit anguille sous roche et confronte l’écrivain sur l’identité de cette énigmatique femme, générant par le fait même un débat sur la définition de l’amour, mais aussi le mensonge qu’engendre inévitablement la création.

Les deux hommes se découvriront, au fil de cette entrevue aux allures de joute verbale, des liens insoupçonnés qui les forceront à se révéler l’un à l’autre. Qui était véritablement l’amante de Znorko? Larsen en saurait-il plus à son sujet qu’il ne le laisse d’abord paraître? Quels sont les secrets qui les rongent tous les deux? Autant d’interrogations dont les réponses, stupéfiantes, viendront en temps et lieu.

Les protagonistes évoluent dans un espace aéré et lumineux, celui de la maison de Znorko, aux étagères regorgeant évidemment de livres. D’immenses fenêtres laissent entrevoir les couleurs qui irisent le ciel nordique, des plus chaudes aux plus froides, à l’approche du crépuscule. Cette impression de grands espaces qui se dégage du décor propose un contraste marqué avec l’atmosphère étouffante qui émane parfois du texte.

En effet, alors que Larsen tente d’élucider le mystère de la vie sentimentale d’un Znorko braqué, suffisant et prétentieux, celui-ci balaie toute inquisition, se moquant de lui, l’insultant. Pourtant, chaque fois que Larsen, excédé, décide de mettre les voiles, l’écrivain le retient, le forçant à rester.

Ce procédé crée un cercle vicieux, une boucle qui ne prendra fin que lorsque Znorko s’ouvrira enfin, révélant sa vulnérabilité, cessant de résister. Ce faisant, il ouvre aussi la porte aux révélations troublantes et libératrices de Larsen.

Ce dernier est interprété avec une belle douceur et beaucoup d’âme, de nuances, par Vincent Champoux. Emmanuel Bédard lui donne la réplique avec une savoureuse condescendance, tout en sachant rendre avec crédibilité les moments plus vrais, plus personnels, où le vernis méprisant de son personnage s’écaille et se fissure. Le tout dans une mise en scène au rythme musical, particulier, à la fois lent et urgent, où les personnages apprennent à leurs dépens que la personne que l’on aime n’est pas forcément celle que l’on croit connaître…

- PUBLICITÉ -

Nos chroniques

La dernière édition

Section concours

Concours IGA DAIGLE
- PUBLICITÉ -
Top