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Une roue qui tourne (une saison dans la vie du PTDN)

Luc Bourgeois, Mélanie St-Laurent et Sébastien Gauthier travaillent déjà à la prochaine et 15e saison du PTDN.

Une roue qui tourne (une saison dans la vie du PTDN)

(NDLR) — Nous concluons notre série d’articles sur la préparation et le déroulement d’une saison théâtrale au Petit Théâtre du Nord (PTDN).

Permettez d’abord cette petite récapitulation: au commencement était le verbe. Et pardonnez cette métaphore biblique, bien pratique, tout de même, pour braquer à nouveau les réflecteurs sur le véritable moteur de l’exercice théâtral: la création d’un univers reposant sur la base des mots.

Tout au long de nos rencontres avec la direction, les acteurs, les concepteurs, l’auteure et le metteur en scène de la dernière production estivale du PTDN, on a pu voir comment, à partir du moment où naît l’idée ou le simple désir de raconter une histoire tout en donnant l’illusion du vrai, se déploie tout un contingent de cuistots qui mettront la main à la même pâte pour faire triompher l’art et, il ne faut pas l’oublier, concocter un plat qui régalera le plus vaste auditoire possible, sinon le noyau dur d’un public qui, chaque saison depuis 15 ans, ne demande qu’à être étonné.

On vous a raconté tout ça, on a vu la pièce, qui a continué à évoluer et se transformer au fil des représentations, jusqu’au salut final, le 25 août dernier. Et puisque nous étions attentifs depuis le début, nous savons pertinemment qu’une fois le maquillage retiré, les costumes et le décor remisés, les artisans du PTDN ne se sont pas endormis, bien nourris et repus, en attendant le retour du printemps. Mais encore, un théâtre en été, qu’est-ce que ça mange en hiver?

Normalement, quand une saison théâtrale se termine, on remet tout de suite la machine en marche en vue de la prochaine, ce qui veut dire qu’on provoque rapidement une rencontre avec un auteur pour lancer la discussion autour d’un thème à exploiter. Déjà, on désigne le metteur en scène, avec qui l’on se met à la recherche des concepteurs de décors, de costumes, d’éclairage et d’environnement sonore.

En discutant avec Sébastien Gauthier, Luc Bourgeois et Mélanie St-Laurent, on apprend toutefois que le PTDN a un peu d’avance, cette année, puisque le texte de la prochaine production est déjà écrit. Cette nouvelle partition est fraîchement issue de la plume de François Archambault (Cul sec, 15 secondes, La société des loisirs) qui, il y a 12 ans, avait coécrit pour le PTDN (avec Marie-Hélène Thibault), une très belle pièce (C’est devenu gros) racontant l’histoire d’un couple qui attendait son premier enfant. La commande n’avait rien d’anodin puisqu’à ce moment-là, le moindre élément féminin gravitant autour de la troupe était enceinte ou venait d’accoucher.

Douze ans plus tard, François Archambault (qui était aussi devenu papa à cette époque) reprend la plume pour le PTDN et explore la notion de parentalité, dans un texte intitulé Enfantillages.

En 14 tableaux, on y verra défiler une vingtaine de personnages incarnés par les quatre fondateurs du PTDN (ajoutez Louise Cardinal à la liste citée plus haut) qui tenteront d’illustrer toutes les facettes du métier de parent en 2012. «C’est le regard d’un auteur cinglant, drôle, dramatique et cru. François a une grande facilité à lire l’humain, résume Luc Bourgeois. C’est un petit Tchekhov.»

D’abord à La Licorne

Texte en main, il s’agira maintenant de former une nouvelle équipe de production, et plus tôt que tard, puisque la pièce sera d’abord présentée à La Licorne, du 7 au 25 mai. C’est donc dire que le public du PTDN, en juin, aura droit à un spectacle déjà éprouvé et rodé.

«Ce sera la première fois que nous jouerons d’abord ailleurs. C’était important, pour nous, de prouver que nous pouvions jouer à Montréal en pleine saison, que le théâtre que nous faisons, c’est-à-dire un type de comédie qui n’est pas dans la tradition du théâtre d’été, demeure exportable», exprime Mélanie St-Laurent.

Pour le moment, avec le metteur en scène Frédéric Blanchette, on en est au stade des discussions à propos de la distribution. Suivront, en décembre, une première lecture en présence des concepteurs, qui seront dès lors invités à prendre part à la discussion sur les orientations artistiques de la production, avant de soumettre leurs maquettes, autant d’étapes qui précéderont les répétitions, prévues en avril, tout juste avant une nouvelle rencontre avec le public. Entre-temps, les membres du PTDN continueront de remplir leurs autres engagements professionnels (théâtre, enseignement, télé, publicité) et de participer à la vie culturelle de la région.

Cette roue qui tourne et ne s’arrête vraisemblablement jamais mènera donc la troupe à l’aube de sa 15e saison.

Une affaire de familles

La «famille» théâtrale est une réalité semble-t-il incontournable pour assurer la pérennité de l’empreinte artistique. Ici et là des troupes et des compagnies se forment et leur noyau demeure quasi intact d’une production à l’autre.

Chasse gardée? Pas vraiment. Quand on a trouvé son identité, sa couleur, on met un soin jaloux à la préserver. Une troupe de théâtre n’est pas pour autant un cercle fermé. Quand on embauche un metteur en scène, on intègre un individu qui a, lui aussi, sa propre famille théâtrale et qui peut emmener avec lui un scénographe, par exemple.

Ces nouvelles rencontres sont toujours recherchées et enrichissantes. D’ailleurs, le PTDN, depuis ses tout débuts, s’est donné le mandat, à chacune de ses productions, de donner sa première chance à un jeune artisan du théâtre. «Cette année, avec Jérémie (Boucher), j’ai découvert que le concepteur d’éclairage pouvait être un partenaire de jeu», témoigne Sébastien Gauthier.

En fait, tant que les ingrédients de base demeurent intacts, d’autres peuvent y ajouter leur couleur et leur saveur. Au PTDN, ces ingrédients de base, ce sont les quatre comédiens cofondateurs qui, avec les années, selon les mots de Luc Bourgeois, ont su développer un «oui» et un «go» collectifs. «On a un instinct incroyable, poursuit-il. Ce qui nous rallie, c’est le plaisir commun que nous avons à présenter à des humains ce qu’ils sont, à l’aide d’un médium qu’on vénère: le théâtre.»

Depuis 15 ans qu’ils s’y adonnent, les membres du PTDN savent maintenant qu’ils ont acquis la notoriété voulue auprès de leurs pairs, mais aussi des institutions, organismes et autres instances de la région. On les voit tantôt porter la parole d’un regroupement ou animer un gala de chambre de commerce, bref, ils font résolument partie du paysage.

Ce qui manque à leur bonheur? Cette salle de spectacle qu’on ne finit plus d’annoncer, au Faubourg Boisbriand, et dont la construction est toujours retardée pour toutes sortes de bonnes raisons. «Nous avons tellement d’idées pour développer ce lieu. On se sent comme un presto», soupire Mélanie St-Laurent.

Ce lieu, une fois qu’on l’aura investi, donnera un nouvel élan au PTDN, une expansion qui lui permettra de concrétiser ses idées toute l’année durant et de multiplier ses rencontres avec les spectateurs, puisque l’on aime rappeler que le théâtre puise aussi à la source des rapports humains. «C’est ça, la fonction réelle de l’art théâtral: la communion», suggère encore Luc Bourgeois.

 

Lire aussi les articles précédents:

Théâtre: une saison dans la vie du PTDN

La réunion autour du texte (une saison dans la vie du PTDN)

Le murmure du public (Une saison dans la vie du PTDN)

La critique du spectacle:

Les Orphelins de Madrid: nous avons tant besoin d’avenir

 

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