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Un festin visuel et auditif

(Photo Pierre Latour) Étonnement, singularité et beauté se retrouvent au cœur des différents tableaux de Rossini Cards, interprétée par les danseurs de BJM Danse.

Un festin visuel et auditif

Zip Zap Zoom et Rossini Cards

Les Ballets Jazz de Montréal, ou BJM Danse, compagnie d’ici évoluant sur la scène internationale depuis sa fondation, en 1972, s’est donné pour mission de valoriser les interprètes tout en encourageant les chorégraphes de la nouvelle génération.

Ce faisant, la compagnie, maintenant dirigée par Louis Robitaille, ouvre la porte à des concepts audacieux, des formes nouvelles de chorégraphie.

De passage une nouvelle fois au théâtre Lionel-Groulx, BJM Danse présentait, le 8 avril dernier, un programme double, Zip Zap Zoom suivi de Rossini Cards, programme auquel s’était greffée la courte pièce Locked up Laura en guise d’apéritif.

Créée par Annabelle Lopez Ochoa et interprétée par Andie Masazza et Nathan Madden, Locked up Laura amène un couple de danseurs que l’on observe hors scène et sur scène. La musique se fait dissonante, entrecoupée des appels de régie que les artistes entendent dans la coulisse ou les loges.

Laura, visiblement lasse, blasée, refuse d’enfiler son costume, mais se voit contrainte de performer tout de même, sans joie et sans passion, le tout rendu avec justesse par son interprète qui place son personnage dans des états limites, jouant sur les contrastes, l’équilibre et déséquilibre. La liberté de mouvement que la danse offre au corps s’oppose à la mécanique de la chorégraphie, la lassitude de Laura à l’enthousiasme de son partenaire.

Après cette jolie entrée en matière, on se voit entraîné dans un tout autre univers avec Zip Zap Zoom, d’Annabelle Lopez Ochoa également. Dans cette pièce, les danseurs deviennent les personnages d’un jeu vidéo, se créant des avatars et explorant des mondes virtuels sous leur nouvelle identité.

S’apparentant aux tableaux des jeux vidéo, les tableaux dansés créent des images dynamiques à la structure ludique. Les protagonistes doivent ainsi relever des défis pour atteindre le niveau suivant, rencontrant des femmes-robots dont la staticité impressionnante s’oppose à une grâce un tantinet coquine lorsqu’elles prennent vie, ou encore des figures encapuchonnées aux mouvements robotiques ou fluides qui font penser à des ninjas.

Sur une musique électronique ou rap s’alliant à des projections vidéo omniprésentes (et un brin distrayantes), Zip Zap Zoom semble célébrer et dénoncer à la fois notre rapport à la technologie et les mille et une possibilités offertes par celle-ci.

Puis, au retour de l’entracte nous attend Rossini Cards, du chorégraphe Mauro Bigonzetti sur la musique de Gioacchino Rossini, dit l’un des plus grands réformateurs de l’opéra du XIXe siècle. La musique est somptueuse et se prête à merveille au style plutôt baroque du chorégraphe, qui propose ici une sorte de festin visuel et auditif aux styles métissés.

Sur une note dramatique, une musique de pluie et de mort, les danseurs apparaissent comme sortis du néant et prennent possession de la scène en silence. L’un d’eux se dévêt… et se jette dans la fosse d’orchestre!

Étonnement, singularité et beauté se retrouvent au cœur des différents tableaux de Rossini Cards, qui explorent autant la folie que la vulnérabilité, les bonnes manières à table que l’homosexualité, le militarisme ou les relations de couple caricaturées à l’extrême dans cette pièce aux multiples facettes que les danseurs interprètent et que le public reçoit également avec un plaisir non dissimulé.

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