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Théâtre: Le bruit des os qui craquent

Isabelle Miquelon joue une infirmière qui doit raconter devant la commission, et trois ans après les faits, l’histoire d’Elika et Joseph.

Théâtre: Le bruit des os qui craquent

Passionnée par le jeune public depuis plus de quatre décennies, la dramaturge Suzanne Lebeau présentera, les jeudi 1er mars, à 20 h, et vendredi 2 mars, à 10 h, au Théâtre Lionel-Groulx, sa pièce Le bruit des os qui craquent (Prix littéraire du Gouverneur général du Canada dans la catégorie théâtre en 2009).

L’histoire, c’est celle de deux enfants soldats, Elika et Joseph, qui tentent de fuir une réalité insoutenable: la guerre. «J’ai vu un documentaire, il y a quelques années, sur les enfants soldats. La douleur m’a jetée à terre», évoque-t-elle au bout du fil.

Incapable dès lors d’oublier ce qu’elle a vu, elle extrait des images du documentaire, dures, cela va sans dire, et les présente à un jeune public, sans compromis, ni fausse intention.

«J’ai présenté ces images à des groupes d’enfants âgés de 9 à 13 ans et je leur ai posé la question suivante: est-ce que nous, les adultes, avons le droit de vous parler de ces choses?», poursuit-elle. La réponse l’a laissé sans voix. «Non seulement vous avez le droit, mais vous avez aussi le devoir de nous le dire», ont-ils répondu. «Vous savez, les enfants sont mieux informés qu’on le pense. En 40 ans, j’ai tout appris des enfants», souffle-t-elle.

Dès lors, l’histoire d’Elika et Joseph prend forme. Elika, une enfant parmi tant d’autres, voit sa vie basculer du jour au lendemain dans une guerre civile chaotique et sans lois. Enlevée à sa famille, elle devient une enfant soldat. Victime, elle deviendra aussi bourreau. Quand Joseph surgit, le plus jeune enfant à parvenir au camp de rebelles, elle trouve le courage de briser la chaîne de violence dans laquelle elle a été entraînée.

Pièce en deux temps

Pièce à deux voix, Le bruit des os qui craquent met d’abord en scène la fuite d’Elika (Audrey Talbot) et Joseph (Jean-Philip Debien). Viendra ensuite Angelina (Isabelle Miquelon), l’infirmière qui les reçoit à l’hôpital où ils se réfugient. C’est elle qui, trois ans plus tard, aura la lourde tâche de raconter leur histoire devant une commission, dont l’attitude de ses membres frôle parfois l’indifférence.

«J’ai vu des adultes sortir de la salle, incapables d’en supporter davantage, certains en pleine crise d’asthme», relate l’auteure. Étonnamment, a-t-elle constaté au fil des représentations, le regard des enfants ne s’arrêtait pas lui qu’à la dureté de la situation et captait ce que les adultes, rongés par la culpabilité, peinaient à voir: l’espoir, la possibilité de changer la réalité. «Ce que les enfants voient, c’est une petite fille qui fuit pour sauver un plus petit qu’elle», nuance-t-elle.

Produite par le théâtre Le Carrousel, la pièce est mise en scène par Gervais Gaudreault. Pour réserver votre place, composez le 450-434-4006 ou tapez le www.odyscene.com.

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