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Sur les ailes de Yann Perreau

Yann Perreau et Sarah Bourdon partagent un moment complice.

Sur les ailes de Yann Perreau

Une rencontre privilégiée avec un authentique poète, un artiste de la tête aux pieds, voilà ce à quoi le public était convié, le 2 novembre dernier, alors que Yann Perreau foulait la petite scène du Cabaret de l’église Sacré‑Cœur.

Il y présentait le spectacle tiré de son plus récent album, À genoux dans le désir, amalgamé à ses précédents opus, accompagné sur scène des multi-instrumentistes Jean-Alexandre Beaudoin et Sarah Bourdon.

Cette dernière assure d’ailleurs la première partie du concert, après une brève introduction de Perreau qui la présente comme son amie et une auteure-compositrice-interprète à la voix incroyable. Et c’est bien vrai. On a en face de nous une espèce rare de chanteuse, de celles qui combinent une écriture habile ainsi qu’une voix nuancée, capable d’éclats et de douceur.

À l’aise sur scène, elle s’adresse aux spectateurs avec humour et ironie, entre des pièces aux textes imagés et parsemés de jolies trouvailles. À la guitare ou au ukulélé, elle y va de pièces sur l’amour, réconfortantes ou plus sombres, créant des atmosphères enveloppantes ou baignées d’urgence. Sarah Bourdon est chaleureusement saluée par le public, qui la retrouve avec plaisir de l’autre côté de l’entracte.

Sur la scène plongée dans une pénombre ambrée, Yann Perreau s’installe à la batterie, Sarah Bourdon au piano et Jean-Alexandre Beaudoin à la guitare. Pesant, organique, percussif, le ton est donné dès les toutes premières mesures de Les temps sont au galop.

Sur les ailes de Yann Perreau, on s’envolera en poésie, explorant d’exotiques contrées musicales, se laissant porter par les mots. Visiblement amoureux de ces derniers, Perreau rend hommage à ceux de Claude Péloquin en faisant de ses textes inédits les chansons d’À genoux dans le désir, dans un délicat travail de réécriture.

Il nous promet «un beau tour de manège», alors qu’il nous entraîne dans son univers artistique foisonnant et coloré. On y plonge avec bonheur, d’autant plus que l’artiste est éminemment sympathique, drôle et accessible. Avec sa personnalité décontractée, qui se reflète également dans la mise en scène très libre, il crée un équilibre avec la profondeur et la densité des pièces qu’il interprète.

Sous les plumes combinées de Perreau et Péloquin ou la sienne propre, les mots ne connaissent pas les limites du concret, oubliant les notions de sens propre et figuré pour célébrer l’amour. Ils s’assemblent pour créer des images débordantes de sensualité, charnelles (Ce sourire qui ne ment pas, Fille d’automne), d’une légèreté lumineuse (Vertigo de toi), d’une mélancolie à l’espoir sous-jacent (Invente une langue pour me nommer, Ma chanson la moins finie, Le bonheur est à côté, pas de l’autre côté) ou même de folklore parisien (Conduis‑moi).

Les musiques débordent de richesse, véritables montagnes russes, parfois oniriques et éthérées, sombres et percussives, à d’autres moments mystérieuses et métalliques, cristallines, puis se faisant rythmées et dansantes. Yann Perreau offre un concert éclectique et généreux, d’une poésie merveilleuse. Il se laisse emporter par elle et la musique, s’en berçant, les yeux fermés, on le devine, sous le rebord de son chapeau.

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