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Sara Rénélik et l’espoir

(Photo Hugo Vincent)

Sara Rénélik et l’espoir

Musique

C’est au rythme des Antilles que s’est achevée la saison 2010 des Pique-niques du Village. En effet, l’artiste montréalaise d’origine haïtienne Sara Rénélik était de passage en sol térésien pour conclure cette série de concerts familiaux dédiés à la musique du monde.

Les micros joliment décorés de plumes de paon, accompagnée de percussions endiablées et d’une guitare habile, Sara Rénélik célèbre ses origines sans barrière de langage, passant du français à l’anglais en passant évidemment par le créole. Avec Kolonel Espwa, c’est à la vie, à l’amour et à la joie qu’elle rend hommage, mais surtout à l’espoir. Cet espoir dont Haïti a tant besoin sera d’ailleurs au cœur du spectacle de Sara Rénélik qui, par ses chansons, enjoint son peuple de continuer à croire, mais surtout de rendre cet espoir concret par des actions. Sur La lumière, elle semble emportée par la mélodie, se laissant aller à des éclats de voix contrastant avec la douceur de celle-ci, dansant et déclenchant les applaudissements spontanés du public.

Elle passe ensuite à des pièces du répertoire traditionnel haïtien, s’agitant au rythme entêtant du ra-ra et faisant virevolter sa tunique turquoise et dorée. Partout les pieds battent la mesure alors que les voix de Sara Rénélik et de sa choriste s’harmonisent et dialoguent, honorant la culture riche mais méconnue d’Haïti. Ne pas oublier le soulèvement des esclaves de 1804, ni la sempiternelle douleur de ce pays qui souffre depuis trop longtemps. Le vaudou, la musique sacrée, le respect des éléments sont abordés d’une manière très organique et auréolée de mystère. L’interprétation est sentie et intense, le mouvement se fait ondulant, teinté de mysticisme.

On sent Sara Rénélik très près de ses racines, amoureuse de sa culture. Cette chanson sur le deuil – rendue avec délicatesse et une émotion contenue mais palpable – en témoigne, l’artiste utilisant sa voix suave pour canaliser la douleur en beauté. Les souvenirs du passé sont chantés avec une mélancolie réconfortante, les chœurs se font émouvants. La femme est également célébrée («le sang, le ventre, les racines»), semeuse d’espoir et force patiente, dans une interprétation nuancée opposant la force et la douceur, la peine et la lumière. Avec Rasembleman, l’artiste commande un rassemblement des consciences, chantant la liberté, l’égalité et la fraternité sur un rythme enlevant. Avec force, elle appelle à l’aide pour son pays d’origine.

Au cours de sa prestation, Sara Rénélik a confié s’être donné pour mission de nous faire découvrir les trésors cachés d’Haïti et de rendre hommage à sa culture foisonnante. Après avoir assisté à ce concert, on peut affirmer sans se tromper que le défi a été relevé, nous rendant par le fait même encore plus curieux, nous donnant envie de creuser nous aussi à la recherche des joyaux de cette culture particulière.

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