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Rencontres de la création: la grande jasette de Pierrette

Frédéric Lapierre et Pierrette Robitaille

Rencontres de la création: la grande jasette de Pierrette

Les Rencontres de la création se poursuivent à la bibliothèque de Ste‑Thérèse. Toujours aussi populaire, la série au caractère convivial et intime continue de rassembler un public nombreux et chaleureux.

Il faut dire que les invités se prêtent au jeu avec plaisir, et que, sous la gouverne de Frédéric Lapierre, le tout se déroule avec humour, fluidité et questions pertinentes. C’est Pierrette Robitaille qui a répondu à l’invitation, de passage à la salle polyvalente de la bibliothèque, le 4 février dernier. La soirée, qui ne dure qu’une petite heure, comprend d’abord une entrevue avec l’artiste invité, puis une période de questions et commentaires du public.

C’est la pièce Vivement lundi qui, le 21 mars prochain, amènera Pierrette Robitaille au Théâtre Lionel-Groulx. Sans autre prétention que de faire rire, dit‑elle, ce texte de Carole Tremblay, mis en scène par Bernard Fortin, raconte les déboires de deux couples. Pierrette Robitaille y donne la réplique à Luc Senay, Jacques Girard et France Pilotte.

Il en sera toutefois bien peu question au cours de la rencontre. Celle‑ci prendra un tournant plutôt biographique, retraçant le parcours varié et audacieux de la comédienne. On y apprend qu’âgée de vingt ans, Pierrette Robitaille quitte son emploi de secrétaire et entreprend un long voyage en Europe et en Orient. Au retour de ce périple, qu’elle qualifie de formateur et d’inspirant, une amie lui suggère de tenter sa chance aux auditions du Conservatoire d’art dramatique de Québec. À sa grande surprise, sa candidature est retenue grâce à son interprétation de la «tirade des nez», issue de Cyrano de Bergerac.

Celle qui trouve alors que les pièces classiques regorgent de rôles «plates pour les femmes» découvre alors l’univers de Michel Tremblay et fonde, après sa sortie de l’école, le Théâtre de la Bordée avec ses compagnons de classe. Travaillant d’arrache-pied et considérant leurs différences comme des atouts, ils recrutent des spectateurs dans les restaurants, la rue, les cafés, bâtissant ainsi brique par brique ce qui allait devenir «la seule compagnie institutionnelle de Québec à être propriétaire de son lieu de création et de diffusion».

Pierrette Robitaille parle également des personnes qui ont marqué sa prolifique carrière. Elle évoque, entre autres, sa relation privilégiée avec Denise Filiatrault et son travail avec le cinéaste Denis Côté, pour Vic + Flo ont vu un ours. L’un et l’autre ont su proposer à la comédienne des rôles différents des personnages comiques qu’on lui connaît. On découvre alors qu’elle n’aime pas utiliser le terme de «contre-emploi» dans de telles situations.

Déplorant que des comédiens se retrouvent parfois cantonnés à certains types de rôles, définis par le regard des autres ou contraints de les accepter par besoin d’argent, elle s’insurge: «Arrêtez donc de classer le monde! On est des acteurs, faites confiance au métier!»

Cela dit, bien qu’elle s’avoue fière de «faire partie des comiques», elle apprécie les rôles dramatiques qu’on lui offre au compte-gouttes et qu’elle considère comme un pied de nez aux habitudes et aux clichés. Ces confidences, elle les livre avec une assurance décontractée, une grande humilité et, bien sûr, beaucoup d’humour. D’ailleurs, lorsque Frédéric Lapierre lui demande si un livre retraçant son parcours pourrait être publié, elle répond du tac au tac: «Bah… Moi je préfère en parler!»

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