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Papy, peintre, exposition, bibliothèque de Rosemère

L’artiste peintre Denise Turcotte animait cet atelier-discussion autour de l’œuvre de Papy. (Photo Claude Desjardins)

Quand l’art nous parle: discussion autour de Papy

Papy n’y était pas, mais il s’est dit de bien belles choses en sa presque présence, durant ce moment consacré à la discussion, à la réflexion sur l’art et ses effets sur l’émotion humaine. On s’est dit, par exemple, que l’âge ne saurait être considéré comme un facteur d’empêchement.

Papy, c’est ce monsieur dont nous vous parlions tout récemment et qui s’est mis à peindre à l’âge de 90 ans parce que chaque tableau qu’il produisait allumait un sourire dans la belle figure de Pauline, son épouse malade qui, autrement, aurait quitté la vie en pleurant toutes les larmes de son corps. L’art comme un médicament.

Papy est toujours vivant (il vient tout juste d’avoir 95 ans), mais ses œuvres voyagent sans lui. On peut d’ailleurs les admirer à la bibliothèque de Rosemère jusqu’au 29 septembre, où elles sont regroupées sous le titre Signé Papy. Le mardi 17 septembre, elles ont suscité le déplacement de deux groupes de personnes âgées, des résidentes et résidents des CHSLD Hubert-Maisonneuve (Rosemère) et Drapeau-Deschambault (Sainte-Thérèse), qui ont pris part à un atelier-discussion animé par l’artiste peintre Denise Turcotte. Certains, qui manient le pinceau et la spatule, avaient même apporté un tableau. D’autres, qui avaient remisé leur chevalet, jonglent désormais avec l’idée de s’y remettre.

Peindre, c’est échanger

«Je suis venue parler avec eux de ce qu’ils peignent, pourquoi ils peignent, ce qu’ils ressentent en le faisant», résumait Mme Turcotte qui relevait au passage que ce qui se retrouve sur la toile, les sujets qui y sont traités, sont directement liés à ce qu’ils sont, tout comme aux rêves qu’ils portent. «Par exemple, il y a cette dame en fauteuil roulant qui peint des papillons. Une autre qui évoque son désir de liberté en reproduisant de grands espaces», de dire Mme Turcotte qui orientait par ailleurs les échanges autour de l’émotion ressentie dans la pratique de l’art, mais aussi lorsqu’on est soi-même spectateur. «Une toile, c’est toujours un échange entre l’artiste et le spectateur. Il faut dire, mais il faut aussi écouter. L’art me dit également qui je suis», propose-t-elle.

C’est la fille de Papy, Nicole Gravel, qui avait tout organisé (l’exposition comme l’atelier), histoire de tenir une promesse formulée aux résidents des institutions mentionnées plus haut, alors qu’elle était, jusqu’à tout récemment, vice-présidente du Comité des usagers de Thérèse-De Blainville. «L’art, c’est bon pour la mémoire, c’est bon pour le bonheur et le plaisir, c’est bon pour l’expression de soi et l’affirmation, exprimait Mme Gravel, qui est aussi artiste peintre. C’est une voie directe vers le monde du cœur et de l’inconscient.»

Bonne fête, Papy!

À l’autre bout du spectre et quelques jours plus tôt, le vendredi 13 septembre, l’artiste Olga Popa accompagnait un groupe d’enfants de la Garderie de Rosemère qui ont pris contact avec l’art de Papy, non sans avoir auparavant participé à des ateliers d’arts plastiques durant lesquels l’enseignante a attiré leur attention sur les différentes émotions qui nous habitent.

Les enfants (tous âgés de deux à quatre ans) ont ensuite peint une aquarelle qu’ils ont apportée avec eux à la bibliothèque de Rosemère. Puisque c’était l’anniversaire de Papy, tous ont résolu de la lui offrir. Plus est, on lui a téléphoné pour lui faire entendre ce chœur d’enfants entonner la chanson d’usage. La boucle était bouclée.

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