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Pilier du socioculturel à Lionel-Groulx: Jean St-Arnaud n’est plus

Jean St-Arnaud

Pilier du socioculturel à Lionel-Groulx: Jean St-Arnaud n’est plus

L’annonce du décès de Jean St-Arnaud, survenu le 18 août dernier, quelques jours à peine avant la rentrée estudiantine, a créé une véritable onde de choc. Pour Sébastien Ponce, conseiller à la Vie étudiante au collège Lionel-Groulx et collègue de travail de Jean pendant une dizaine d’années, ce hasard est troublant. «Il y a un message là-dedans. On vit tous cette rentrée avec ce deuil-là», souffle-t-il.

Ceux qui ont connu Jean, animateur au socioculturel du Collège Lionel-Groulx depuis 1975, savent que sous ses airs parfois un peu bourrus, se cachait un homme de principe, de conviction et surtout de cœur, animé par un seul combat: celui des étudiants. «Il voulait toujours améliorer la qualité de vie des étudiants, faire des activités stimulantes à peu de frais. Avec 1 $, on pouvait aller loin avec Jean», lance à son tour Éric Boily, coordonnateur à la Vie étudiante depuis 20 ans. M. Boily se rappelle, entre autres, ces congrès où Jean séjournait… dans sa tente plutôt qu’à l’hôtel. «Il était toujours un peu en conflit avec la direction, dit-il. Pour lui, la paperasse était une perte de temps. Payer pour une chambre d’hôtel était une perte d’argent.»

Son bureau baignait dans un fouillis constant et perpétuel, mais son action était toujours dirigée vers les étudiants, ces centaines, voire milliers d’étudiants qui ont convergé par le socioculturel du collège Lionel-Groulx, depuis 1975. «Il a changé la vie de tellement de gens.»

Son dernier grand projet aura été l’aménagement du nouveau Carrefour étudiant. «Il rêvait d’un espace pour les étudiants, où tous les clubs socioculturels seraient regroupés», raconte Éric Boily. Il en rêvait tellement que le jour où le CSSS Thérèse-De Blainville a fait l’acquisition du terrain situé en face du collège pour son CLSC, Jean avait fait promettre à la directrice de l’époque Monique Laurin, de réserver cet argent en vue de la construction du carrefour. Mme Laurin a tenu parole et, en 2011, le nouveau Carrefour étudiant ouvrait enfin ses portes.

En 2012, en même temps que se déroulait la grève étudiante, Jean St-Arnaud apprenait qu’il était atteint d’un cancer de l’œsophage. Il a quitté le collège, en congé de maladie, en mai de cette même année.

Ses anciens collègues de travail garderont de lui le souvenir d’un homme entier et positif, jusqu’au bout. «Un hédoniste», glisse Sébastien. Ses derniers mots sur Facebook auront été: «Je vous impose de profiter de votre vie».

Le socioculturel, de concert avec le Syndicat, souhaite honorer la mémoire de Jean St-Arnaud. «On est en train de réfléchir à un évènement, un spectacle probablement, à l’image de Jean», indique Sébastien Ponce. Les choses se préciseront au cours des prochaines semaines.

Festival de cinéma

C’est aussi à Jean St-Arnaud, grand passionné des arts sous toutes ses formes, que l’on doit le Festival des films de jeunes (1984), ensuite devenu le Festival de cinéma international de Sainte-Thérèse, avant de s’éteindre, vers le milieu des années 1990. Sylvain Fournel, dont la rencontre avec Jean remonte à 1978, alors qu’il était étudiant, se souvient très clairement de cette époque et de ce soir magique, en particulier, où le cinéaste Jean-Jacques Beineix était lui-même venu à Sainte-Thérèse, présenter son film 37°2 le matin, en avant-première américaine. «Jean et moi, on se pleurait dans les bras l’un et l’autre», évoque-t-il.

Plus qu’un ami, Jean aura été pour lui un père spirituel, un humaniste, toujours ouvert sur les autres, altruiste et jamais rébarbatif. «Vous n’avez pas idée du nombre de gens qui sont redevables à Jean St-Arnaud», termine-t-il, ému. M. Fournel consacre toujours sa vie au cinéma.

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