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Pierre Laurendeau: les mots de mon père… et ceux de VLB

L’auteur de Victor-Lévy Beaulieu en six temps et du roman Les mots de mon père

Pierre Laurendeau: les mots de mon père… et ceux de VLB

Voici un petit roman très habile, tout aussi émouvant que ce que son auteur nous avait laissé entrevoir. Les mots de mon père, de Pierre Laurendeau, traite de rupture familiale sur fond d’homosexualité avec un personnage de douze ans. Il fallait être habile et la structure narrative y est pour beaucoup.

En fait, il fallait surtout trouver les mots pour aborder un thème aussi bouleversant qu’une séparation pour un préadolescent, et encore plus de vocabulaire pour expliquer que papa reste désormais avec un homme.

Et Pierre Laurendeau utilise tous les mots, homosexualité avec pédophilie, pour bien mettre en œuvre la différence entre affection et perversion, mais toujours avec une aura d’amour familial qui enrobe heureusement un sujet difficile.

L’habileté tient aussi dans la narration, avec des points de vue différents qui passent de celui de l’enfant à ceux du père puis de la mère, et toujours à la première personne, ce qui abolit toute distanciation en mettant fortement en œuvre le questionnement et les émotions de chacun des personnages.

Pierre Laurendeau casse également le moule en mettant en œuvre un père proche et aimant en corollaire avec une mère distante et carriériste, sans toutefois en faire un personnage accessoire puisqu’elle aussi collabore à ce monologue intérieur à trois voix.

Les mots de mon père, c’est le cocon qui se brise et l’adolescence qui déploie difficilement ses ailes en 135 pages d’une lecture qui pourrait s’avérer très édifiante pour les jeunes, et tout à fait savoureuse pour un lecteur adulte.

Rares sont les ouvrages jeunesse qui mettent en œuvre l’esprit masculin de façon aussi subtile et l’ouvrage plaira à tout lecteur adulte par son écriture bien assumée.

Les mots de mon père est publié aux Éditions de la Paix, dans la collection Mosaïque qui se prétend «pour ados presque adultes et des adultes encore ados», et c’est exactement où se situe ce très beau petit roman que l’on pourrait qualifier d’initiatique, tellement il met en œuvre le questionnement de l’adolescence avec une grande actualité.

Et ce n’était même pas pour ce délicieux petit livre à propos des mots que nous rencontrions Pierre Laurendeau, mais pour se parler d’un travail colossal de quelque 250 pages, puisqu’il recoupe les 80 ouvrages de Victor-Lévy Beaulieu.

L’exégète et prof de philo propose une porte d’entrée en six temps dans l’œuvre de celui qui est aussi éditeur et scripteur pour la télévision, avec une dizaine de titres comme Bouscotte et Race de monde qui ont fait les belles soirées du petit écran.

«On ne sort pas indemne de l’œuvre de VLB», résume l’auteur qui a d’abord écrit plus de mille pages sur le monstre littéraire de Trois-Pistoles, qu’il a ensuite condensées en six décennies pour en arriver à cet ouvrage plus abordable.

Lorsque interrogé sur l’ampleur du travail, Pierre Laurendeau rétorque simplement que «plus tu insistes et plus tu récoltes avec VLB».

Ce sont les racines québécoises profondes ainsi que la modernité de sa pensée et, par le fait même, l’universalité à laquelle l’univers de VLB convie, qui nourrissent l’engouement de notre invité.

«L’œuvre est si volumineuse que l’on peut avoir peur d’y entrer», concède l’écrivain qui a cartographié et arpenté les lieux pour vous aider à y accéder. Édité chez Presse de l’Université Laval (PUL), avec préface d’André Ferretti, Victor-Lévy Beaulieu en six temps résume trente années de passion envers l’homme tout autant que son œuvre pour Pierre Laurendeau.

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