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Peau d’ours: la forêt des mal-aimés

Sylvain Jacques et Éric Bernier incarnent deux frères aux antipodes dans Peau d’ours

Peau d’ours: la forêt des mal-aimés

La forêt. Avec sa lumière tamisée et ses odeurs primitives, son silence oublié par nos oreilles de banlieusards et l’impression qu’elle donne d’être seul au monde, il n’est pas étonnant qu’elle représente pour bien des gens le refuge idéal, l’évasion, le ressourcement.

C’est là aussi que se retrouvent les personnages de Peau d’ours, plus récente production du Petit théâtre du Nord (PTDN), présentée du 20 juin au 22 août, au centre communautaire de Blainville. Dans ce huis clos explosif en pleine nature, deux hommes et deux femmes chercheront des réponses, de l’apaisement, de l’espoir.

Nés de la plume de Rébecca Déraspe, Élodie et Félix (Louise Cardinal et Éric Bernier) sont un couple en apparence heureux, mais dont le bonheur tient à un fil. Parents de trois fillettes, ils espèrent, se rendant au chalet des parents de Félix, se retrouver, reconnecter en tant qu’amoureux.

Leur tentative de reconnexion se retrouve en péril, alors qu’ils sont rejoints par Sylvain (Stéphane Jacques), le grand frère de Félix. Lui aussi venu chercher la paix dans la quiétude de la forêt, il cache également quelques secrets. La citadine Anna (Myriam Poirier), en fuite d’une «retraite silencieuse» prescrite par son psychothérapeute (qui est nul autre que Félix), complète bientôt le quatuor, son entrée dramatique réduisant à néant toute possibilité d’intimité et d’introspection.

Chaque personnage transporte, en plus de ses valises, un lourd bagage émotif. Élodie souffre énormément de ne pas se sentir écoutée, confinée à son rôle de mère, alors que Félix se débat avec des problèmes identitaires qui le suivent depuis l’enfance, qu’il semble avoir passée dans l’ombre de Sylvain. Celui-ci, d’un tempérament bohème et décontracté, se retrouve aux prises avec l’attente angoissante d’un diagnostic médical, tandis qu’Anna tente de faire la paix avec le suicide de sa mère et de combattre sa tendance à l’hypocondrie.

Tout ça semble bien pesant, mais on rit beaucoup, grâce à l’écriture habile de Déraspe et à la mise en scène très dynamique de Sébastien Gauthier. Comme dans une réalité un peu grossie, le temps manque pour le dialogue, les occasions de partage sont interrompues, les évènements se chevauchent jusqu’à une inévitable fracture.

Bien que certains thèmes aient souvent été abordés dans les productions passées du PTDN, on ne s’ennuie pas une miette dans ce refuge forestier. On a qu’à penser à l’interprétation mémorable de Born to be Alive,par Sylvain, au trip d’ecstasy d’Élodie, à la tentative de Félix de se retrancher de sa famille en adoptant l’anglais comme langue courante. D’une autre façon, Myriam Poirier tire son épingle du jeu en faisant d’Anna une narratrice omnisciente qui lie le tout en relatant le passé, le présent et l’avenir à la manière d’un conte, imprimant une certaine magie à l’ensemble.

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