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Patrick Groulx: carpe diem

(Photo Hugo Vincent)

Patrick Groulx: carpe diem

Humour

Être à la fois drôle et pertinent est un défi en soi. Le relever en conservant un capital de sympathie inaltérable, voilà ce que réussit Patrick Groulx avec son plus récent spectacle Job: humoriste.

De passage au Théâtre Lionel-Groulx, l’humoriste multidisciplinaire a su faire rigoler et réfléchir les jeunes et les moins jeunes par cet opus aux thèmes rassembleurs, incluant moult anecdotes de tournée et réflexions personnelles.

Accueilli par des cris et des sifflements éloquents, Patrick Groulx entre en scène dans la plus pure tradition du stand-up comic, sans décors ni accessoires. L’humoriste en meuble toutefois très bien l’espace avec sa présence sympathique et son jeu physique, toujours appuyé par l’adroite conception lumineuse de Steve Croteau. «Ce soir, vous relaxez. C’est moi qui travaille», lance-t-il, à la fois fier et perplexe de gagner sa vie en faisant rire les gens.

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Cette idée de simplicité appliquée à l’aspect scénique du spectacle est probablement un écho au ras-le-bol technologique de Patrick Groulx, qui aborde la dépendance et l’obsession du cellulaire et le foisonnement des médias d’information. Il questionne l’évolution de la technologie (quelle différence, au fond, entre le télégraphe et le message texte?) et la confusion entraînée par cette profusion d’information transmise par lesdits médias, illustrant le tout d’exemples extrapolés.

Abordant le virage vert avec un certain cynisme, Groulx clôt le bec à tous ceux qui semblent avoir réponse à tout en matière d’environnement, personnifiant tour à tour le voisin envahissant et l’ami snob dans des débats desquels il sort toujours vainqueur grâce à sa logique et son sens de la répartie.

Le vocabulaire imagé et le geste ample, l’humoriste dresse, dans un numéro hilarant mais quelque peu inquiétant, un portrait peu reluisant des chambres d’hôtel qui font partie intégrante de sa vie d’artiste en tournée.

Content d’être là, souriant, Patrick Groulx partage avec nous son quotidien de chum, de père, de gars en vacances avec sa blonde avec en sous-texte la course au bonheur, la difficulté de profiter du moment présent, l’herbe plus verte chez le voisin, les mensonges que l’on se raconte pour se faire croire qu’on est heureux.

L’artiste propose alors plusieurs pistes de réflexion sur une possible définition ou hiérarchie des bonheurs, sérieux dans le ton mais comique dans les illustrations, allégeant ainsi le propos.

Les expressions faciales sont exacerbées alors que Patrick Groulx prend le ton de la confidence pour nous raconter le cheminement tortueux qui l’a amené à réaliser son rêve de devenir humoriste, de gagner son pain en faisant ce qu’il aime le plus, ouvrant ainsi la voie à une dernière partie plus personnelle, mais aussi très critique. Avec ironie, il déplore l’obsession du vedettariat au détriment de l’art et du talent.

N’éprouvant pas le désir de se faire voir, de «flasher», Patrick Groulx veut simplement faire son métier. Un métier difficile dont il nous dépeint la réalité avec franchise, nous faisant voir d’un autre œil les implications et les obligations d’une image publique.

Avec un texte bien construit aux sujets universels, des punchs efficaces et des œillades taquines au public, Patrick Groulx nous fait passer une très drôle de soirée. Et l’on sort de ce spectacle avec, comme l’humoriste nous le recommande, «un smile dans face».

 

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