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Passage mémorable du petit gars d’à côté

(Photo Yves Déry)

Passage mémorable du petit gars d’à côté

Bobby Bazini au TLG

C’est comme si Sainte-Thérèse avait accueilli le petit gars d’à côté, le 8 octobre dernier, à l’église Sacré-Cœur. Car quand on y pense, Mont-Laurier, ce village des Hautes-Laurentides où Bobby Bazini a fait de la musique son refuge, sa source de réconfort dans l’adolescence, en creusant davantage les sillons des vieux vinyles de Johhny Cash de sa grand-mère, c’est pratiquement chez nous.

Bien sûr il n’a que 21 ans, Bobby Bazinet (c’est son vrai nom). Mais le presque voisin est devenu de la grande visite… de la plus en plus grande visite même, diront certains.

De simple quidam, il s’est transformé en vedette internationale au gré de la distribution, dans 35 pays, de son premier album à vie, Better in Time, et une apparition remarquée à une spéciale de Taratata, l’émission de variétés à caractère musical parmi les plus écoutées en France.

Et toute cette reconnaissance qui, pécuniairement au bout du compte, fait que Bazini peut se consacrer tout entier à ce qui le fait le plus vibrer intérieurement, bien, pour le longiligne artiste, ça semble n’être que de l’extra.

Parce que de la manière dont Bazini s’attelle à la tâche sur les planches, ça ressemble étrangement à une réunion de salon ou de sous-sol où le jeune prodige de la famille va le plus spontanément du monde montrer de quoi il est capable; que le talent lui sort par les oreilles. En fait, le talent lui sort surtout par la gorge, pourrait-on dire, car la voix feutrée et trompeuse de Bazini, vu son jeune âge, frappe l’attention par sa singularité.

Et le fait que c’est vraiment sur la voix singulière de Bazini qu’on veuille capitaliser dans l’incommensurable marché de la musique (sa première galette numérique en fait véritablement foi) n’enlève absolument rien de rien au potentiel de Bobby Bazini comme musicien. D’ailleurs, sur les rayons des magasins, c’est comme artiste soul et rhythm and blues qu’on nous l’étale. Mais sur scène, Bobby Bazini, c’est purement rock et folk dans la lignée des Neil Young, Bob Dylan et autres.

Parce que les textes des pièces de l’album Better in Time se savourent comme un moment d’intimité, probablement une intimité semblable à celle qui a été nécessaire à Bobby Bazini pour les enfanter. Alors qu’avec cinq musiciens l’encadrant et un enthousiasme certain, Bazini inspire une longue veillée entre potes.

En concordance avec l’image de grand timide, que moult médias ont dépeint de lui et celle de beau ténébreux que les représentantes de la gent féminine ne veulent pas voir disparaître, il est peu bavard et se contente de souligner au fur et à mesure le titre de la chanson à venir.

Toujours est-il qu’à guichets fermés, le spectacle de Bobby Bazini a donné droit à un fichu de bon programme. Outre les chansons de son cru, le public a été transporté par des emprunts à nul autre que Johnny Cash, Bruce Springsteen (Hungry Heart) et aux Stealers Wheels (Stuck in the Middle with You). Le bonbon de la soirée a été donné quand Bazini s’est livré en solo, s’accompagnant sublimement à la guitare, sur Rain Fall Down des Rolling Stones.

Un moment privilégié. Car une fois le petit voisin devenu grand, ses passages chez nous se raréfieront sans doute.

 

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