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Nostalgie revisitée

(Photo Pierre Latour)

Nostalgie revisitée

The Lost Fingers

Lors de leur dernière visite en sol térésien, le trio The Lost Fingers avait offert un concert d’une grande qualité musicale, certes, mais plutôt expéditif et sans trop de chaleur pour leur public conquis d’avance. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai pris place au Théâtre Lionel-Groulx pour une nouvelle prestation de la formation qui a mis le jazz manouche sur la carte, dépoussiérant et remaniant habilement de nombreux succès de la décennie 1980.

Mais en voyant Alex Morissette (contrebasse et voix), Christian Roberge (chant et guitare) et Byron Mikaloff (guitare et voix) faire leur entrée sur scène, tout sourires, dans un kitschissime éclairage rose, il m’est apparu évident que ce spectacle allait se dérouler tout autrement. En effet, pour ce dernier concert de la tournée, les gars, détendus et volubiles, nous promettent une soirée mémorable.

C’est avec Tainted Love qu’ils ouvrent le bal, dans une relecture festive qui offre un intéressant contraste avec la version originale de Soft Cell. Le joyeux trio poursuit avec une relecture de Straight Up de Paula Abdul, précise jusqu’au moindre claquement de doigts. L’Incognito de Céline Dion, de même que la célèbre Dame en bleu de Michel Louvain n’échappent pas aux arrangements rythmés et entraînants des Lost Fingers, qui affirment d’emblée que quétaine ne signifie pas nécessairement mauvais. Et on le croit en entendant cette étonnante reprise de Careless Whisper de George Michael, à la finale sifflée et aux superbes harmonies vocales, ou encore cette version d’On va s’aimer, popularisée par Martine St-Clair. Robert Charlebois, Stevie Wonder et le légendaire Django Reinhardt sont également au menu de cette excellente première moitié du spectacle, qui met en appétit pour la seconde un public généreux et enthousiaste.

Toujours d’aussi belle humeur, les Lost Fingers entament la deuxième partie du concert avec Touch Me de Samantha Fox, durant laquelle une ingénieuse trouvaille du Dollarama, les doigts lumineux, nous permet d’apprécier encore plus le doigté expert des trois musiciens. Avec la mémorable Cœur de Loup de Philippe Lafontaine, le public ne se fait pas prier pour manifester bruyamment son appréciation, comme pour toutes les pièces d’ailleurs.

On enchaîne avec la «partie sensuelle» du spectacle, où le trio nous offre une superbe version, personnelle et groundée, du Black Velvet d’Alannah Myles… étonnamment métissée avec Pokerface de Lady Gaga! Medley AC/DC, Bon Jovi et Plastic Bertrand sont également de la partie, à la sauce manouche évidemment, avec d’intéressantes textures et un judicieux dosage d’harmonies vocales et de silences.

C’est avec de délicieuses versions de Billie Jean et de Pump up the Jam que s’achève le concert, chansons suivies d’une ovation longue et spontanée laissant présager un rappel imminent. Après s’être fait désirer un moment, le trio reprend d’assaut la scène en offrant tour à tour Fresh de Kool and the Gang, Belleville Rendez-Vous de la bande originale des Triplettes, puis Ça fait rire les oiseaux de la Compagnie Créole, pour une finale rassembleuse placée sous le signe du plaisir.

Comme tout le concert d’ailleurs. Car c’est, je crois, le but de l’exercice des Lost Fingers, de redonner une vie à ces chansons qui sont souvent des plaisirs coupables. Ou s’ils ne le sont pas déjà, il devient difficile de résister à ces relectures entraînantes aux rythmes contagieux. Une bonne dose de kitsch pleinement assumée, livrée par des musiciens impressionnants et sympathiques, dont la précision de l’exécution et la dextérité suscitent l’admiration tout au long du concert.

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