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Nicole Proulx: bouillon de couleurs

Nicole Proulx

Nicole Proulx: bouillon de couleurs

«Une rencontre aqueuse, un bouillon de couleurs/où l’œil averti scrute l’infini». Voilà seulement quelques-uns des mots choisis par l’artiste visuelle et poète Francine Guay pour décrire l’œuvre de sa compatriote Nicole Proulx.

Ces vers ont été tout spécialement composés pour l’exposition Spontanéité au fil de l’eau, que Nicole Proulx présente à la galerie d’art de Blainville jusqu’au 7 septembre. Elle y propose un univers éclaté, merveilleux, où les couleurs se métissent ou s’entrechoquent, évocatrices et ardentes.

Artiste multidisciplinaire, Nicole Proulx a choisi de consacrer la présente exposition à l’aquarelle. Pourtant, le premier coup d’œil laisse plutôt supposer l’utilisation d’un autre médium tant les couleurs sont vibrantes.

L’artiste explique que ce phénomène est dû à l’utilisation d’un papier japonais, le yupo, fait de polypropylène. Contrairement aux feuilles de papier aquarelle, à base de coton, le yupo possède un temps de séchage long et une absorption moindre. Il en résulte donc une pigmentation éclatante, au fini rendu encore plus lumineux par l’application de vernis.

Le temps de séchage prolongé permet également à l’artiste de planifier ses interventions sur la toile, de créer des textures, des espaces vides à même les couleurs appliquées. Ces dernières se fondent  donc les unes aux autres, s’estompent, à la manière classique de l’aquarelle, mais dans un contexte dynamique, inattendu.

Le sens de la visite, l’ordre dans lequel on regarde les tableaux, explique Nicole Proulx, revêt une importance certaine dans l’apprivoisement et la compréhension de l’exposition. Ainsi, on découvre le cheminement artistique parcouru à travers les changements subtils s’opérant d’un mur de la galerie d’art à l’autre.

Le point de départ nous montre une approche plus traditionnelle de l’aquarelle, comme en témoignent les thèmes abordés et l’absence d’espace vide, la moindre parcelle de papier étant recouverte de peinture. La nature morte y est modernisée par son côté semi-abstrait, le mouvement imprimé aux éléments la composant et. bien sûr, les couleurs saturées. Ce faisant, Nicole Proulx affirme l’importance de bien maîtriser les bases de l’aquarelle afin de pouvoir non pas s’en affranchir, mais les réinventer, les pousser plus loin.

En progressant dans le sens horaire, on peut découvrir comment l’artiste est passée «de l’exploration à l’exploitation» de son médium, sa démarche se faisant tout aussi importante que le produit final. Peinte à partir du subconscient, l’œuvre se fait plus introspective alors que la couleur est appliquée différemment. Si elle continue de suivre la gestuelle propre à l’artiste, elle s’éloigne des bords du papier pour se concentrer dans un coin ou encore au centre et  s’entoure de vide, le tout suggérant l’intériorité du peintre plutôt que la représentation d’un objet.

Certains s’y cachent toutefois, guitares, bouteilles ou visages, que l’on prend plaisir à découvrir. D’autres, qui n’y sont pas réellement, le spectateur les aperçoit dans les méandres colorés, selon ses perceptions et ses souvenirs, entremêlant ainsi son imaginaire à celui de l’artiste. Suivant ce constat, cette dernière affirme, en effet : «Tout ça ne m’appartient plus, vous y voyez votre propre histoire.»

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