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Musique: la fusée Ariane

Ariane Moffatt offre un concert qui nous laisse musicalement repu.

Musique: la fusée Ariane

Étonnamment, c’est un peu épuisé que l’on émerge d’un concert d’Ariane Moffatt. D’un bel épuisement, il va sans dire, comme celui qui pourrait suivre une séance d’entraînement particulièrement satisfaisante, ou encore l’accomplissement d’un travail agréable mais exigeant.

En effet, l’univers qu’elle propose, avec une énergie hors du commun, s’avère extrêmement stimulant pour les yeux, les oreilles et l’esprit. C’est dans le sillage de la tournée MA et «en colonie de vacances» de l’émission La Voix, que l’auteure-compositrice-interprète était de passage à Sainte-Thérèse, le 5 avril dernier, pour une soirée survoltée et rassembleuse.

Mais avant que la tête d’affiche ne se montre pour sustenter un public fébrile, elle prend le temps, en voix hors champ, de présenter personnellement celui qui la précédera sur scène. Tristan Malavoy est donc accueilli avec chaleur par un public ouvert et attentif, lui offrant ses vers habiles, plus parlés que chantés, mais nuancés par la superbe voix de sa complice Amylie. Poétiques et imagés, leurs mots ludiques, les textes sont supportés par des mélodies parfois rythmées et parfois rêveuses, mais qui nous transportent immanquablement.

Après une poignée de pièces tirées de son album Les éléments, il cède le plateau à Ariane Moffatt, l’artiste, mais également «Ariane Moffatt, le groupe». Car elle le dira elle-même, son nom désigne aussi le tout formé d’elle-même et des musiciens qui l’accompagnent, soient le claviériste Étienne Dupuis-Cloutier, le batteur Patrick Sayers, le guitariste Serge Pelletier, le bassiste Jonathan Dauphinais et Fanny Bloom en tant que choriste. On le ressent, ils jouent avec cohésion, réunis dans l’expression d’un son unique, dans l’exploration d’un univers musical propre à Ariane Moffatt.

Les percussions s’apparentent à un cœur battant, la basse fait vibrer nos sièges, les sons électro se fondent dans le rock. Dès les premiers instants du concert, on est catapulté au cœur de la musique et des sensations. On se voit sollicité par de multiples couches sonores, des textures variées, des rythmes entêtants. In your Body se fait ainsi charnelle et puissante, alors qu’Ariane Moffat s’installe au tambour, où elle bat la mesure avec intensité.

L’urgence de la progression musicale d’Hôtel Amour vous prend aux tripes, avec sa mélancolie lumineuse et percussive. Mon corps hypnotise, L’homme de l’automobile étonne avec sa finale festive à saveur années 1980. Les rythmes syncopés soulèvent la foule pour Réverbère, Too Late et Running up The Hill, qui font danser les spectateurs avec entrain.

Ariane Moffatt s’installe ensuite au piano, mettant brièvement la pédale douce pour un segment piano-voix intimiste, où sa voix s’adoucit pour livrer avec intériorité une Imparfait sentie et épurée, puis une Poussière d’ange particulièrement touchante, que l’on redécouvre avec émotion.

On reste dans la douceur encore un moment, alors que les notes cristallines contrastent joliment avec le feu des paroles de La fille de l’iceberg, avant de plonger dans un paysage musical plus sombre, plus ancré, peuplé de sons inquiétants, pour L’équilibre ou Le cœur dans la tête. Des versions remaniées de Je veux tout et Montréal, ensoleillées, avec une Sourire sincère à la fois atmosphérique et percussive, achèvent ce concert d’Ariane Moffatt qui nous laisse musicalement repu.

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