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Mike Ward et la maladie: un abcès de mépris à crever

L’humoriste Mike Ward.

Mike Ward et la maladie: un abcès de mépris à crever

Comment parler de l'humoriste Mike Ward sans glisser dans le texte quelques-uns des multiples sacres et une part du florilège de grossièretés à caractère sexuel qui tapissent son spectacle?

Parce que ce fut une soirée d’humour gras et tout à fait pornographique, mercredi dernier, au Théâtre Lionel-Groulx.

La soirée débutait assez platement avec une première partie de Guy Bernier, qui avait cependant l’avantage d’être courte. L’humoriste ne peut ouvrir la bouche sans sacrer lui non plus et l’insulte aux spectateurs en retard était à son image, absolument sans envergure.

Son numéro sur la pêche aux «garnouilles» était ordinaire, mais le type, à défaut d’être un artiste, davantage une espèce d’animateur de radio, s’avère un bon vendeur de chandails et il a vite compris qu’il faut aussi fourguer son site Internet. Pour être dans le ton, disons que c’était carrément à chier.

Mike Ward est plus adroit et il arrive à tirer quelque chose de sa diarrhée verbale. La provocation a une certaine valeur et quelques blagues sont amusantes. Mais personne n’engagera jamais l’humoriste comme scripteur.

En fait, même dans la demi-heure qui suit le spectacle, vous lisez un journaliste qui tente de retrouver quelque chose qui nourrisse sa critique, mais il ne me revient que des mots que vous n’avez pas vraiment envie de lire.

Et puis soyons compatissant pour notre chère correctrice d’épreuves qui devra se taper ça un jeudi matin, à neuf heures. Faudrait pas gâcher son déjeuner.

Nombre d’artistes passent dans le tordeur avec Mike Ward: Guy A. Lepage, Janine Sutto (c’était gênant), Gregory Charles, Guy Nantel, Louis-José Houde… mais c’est le petit Jérémie qui mange la claque la plus sévère.

Les handicapés (et lui-même comme diabétique) n’y échappent pas et c’est tant mieux. Oui, il faut les traiter comme tout le monde et, en ne nommant personne, on dédramatise sans blesser davantage.

Les pauvres comme les enfants violés et ceux de Vision Mondiale deviennent sujets de gags davantage provocateurs que vraiment drôles, et on y perd en humanisme pour chercher l’humour. C’est un peu ouache, finalement.

Bref, c’est un gros défouloir dont on ressort sans véritable souvenir ni s’être éclaté la rate. Sans doute y a-t-il une certaine thérapie dans ce type de spectacle, mais encore faut-il souffrir de quelque chose qui s’y rapporte. Une sorte de malaise avec un abcès de mépris à crever.

Soulever des Corneliu, le 22 mars

Virage à 180 degrés, Soulever des Corneliu est le titre du dernier spectacle de Jean-Thomas Jobin qui, comme on le sait, cultive l’absurde et le stoïcisme au point de s’en faire un personnage culte. Ce sera le 22 mars dans la grande salle et vous pouvez réserver en composant le 450-434-4006.

Son dernier spectacle nous était apparu quelque peu relâché. Cette nouvelle concoction aura sans doute resserré la finale mais, de toute façon, les fans de Jean-Thomas Jobin lui pardonneront tout, dans la mesure où l’absurde est roi.

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