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Martin Petit : drôle, intelligent et attachant

(Photo Hugo Vincent)

Martin Petit : drôle, intelligent et attachant

Au Théâtre Lionel-Groulx, jusqu’au 28 août

D’entrée de jeu, je le concède, je n’ai jamais été un bon public pour les spectacles d’humoristes. C’est donc sans attente que je me suis présentée, samedi dernier, au spectacle de Martin Petit et son micro de feu. Or, ce que j’ai vu m’a beaucoup plu.

Raconteur hors pair et fidèle à ce qu’il avait annoncé, Petit part littéralement en croisade contre les interdits. D’entrée de jeu, il prévient son public: le Martin Petit d’avant, celui qu’on pensait connaître depuis ses débuts, il y a 20 ans, n’est plus. «Mes deux enfants ont tué le Martin Petit d’avant. Celui qui pouvait dormir 8 ou 9 heures en ligne est mort», a-t-il déclaré. Seul survivant de cette hétacombe, son sens de l’humour, fort heureusement pour nous.

Puis, le spectacle démarre et tout y passe: de ses enfants qui ont joyeusement transformé sa Subaru multigrain en boîte à lunch aux images pornos qui abondent sur Internet, en passant par le sida, les vieux oubliés dans les hospices (à moins qu’ils n’y soient en pénitence ?), sa belle-famille, les enfants de ses amis aux bandits à cravate et au tabou du caca, Petit raconte ses histoires sans prendre le temps de respirer tant il a des choses à dire.

Vif et incisif

Après un court entracte, et après avoir troqué son complet noir au profit d’un jeans et d’une chemise à carreaux, le voilà qui remonte sur scène, encore plus vif et incisif mais toujours avec le ton juste et le bon dosage. Au menu cette fois, rien de moins que la dette du Canada, le rapport bizarre qu’entretiennent les gens, les Québécois en particulier, avec l’argent, la politique, l’excision du clitoris, le sexisme, le suicide, la masturbation (le bonheur est toujours à portée de la main!) et la spiritualité. Bref, un tour complet d’horizon, tout cela, en deux heures!

Or, malgré la délicatesse de certains propos et le côté «malaisant» de certains autres, Petit tire avantageusement son épingle du jeu et réussit là où plusieurs échouent, c’est à dire en évitant de tomber dans la facilité et la vulgarité. Au surplus, il se révèle brillant au moment de récupérer certains passages moins bien réussi («Je l’ai bafouillée mais avouez qu’elle est bonne quand même», lancera-t-il au sujet de sa blague sur cet ami italien qui lui a trouvé ses places en garderie), interagit constamment avec son public et donne l’impression de raconter ce qui lui passe par la tête alors qu’il livre de toute évidence un texte solide, construit avec précision et intelligence.

Sans en dévoiler davantage, je vous dirai de demeurer dans la salle jusqu’à la toute fin du spectacle (lire: jusqu’à la dernière seconde). Car si Martin Petit surprend tout au long de la soirée avec ses rebondissements et ses propos, sa finale vous fera faire le saut assurément. À vous de voir.

Martin Petit occupera la scène du Théâtre Lionel-Groulx tout le mois d’août, soit les 13, 14, 20, 21, 27 et 28 août avant de quitter en direction de L’Étoile, à Brossard, à compter du mois de septembre. Pour réserver vos billets, contactez la billetterie, au 450-434-4006, ou tapez le [www.theatrelg.com].

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