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Marcel Sabourin: le drôle de sage

Marcel Sabourin était de passage à Sainte-Thérèse

Marcel Sabourin: le drôle de sage

Le succès de la série Rencontres de la création ne se dément pas. Grâce à celle‑ci, les spectateurs connaissent un contact privilégié avec des artistes de la scène ou du cinéma dont les œuvres font partie de la programmation d’Odyscène.

C’est ainsi que, le 4 mars dernier, dans le sillage du film L’autre maison qui sera présenté à Ciné-Groulx le 26 mars, Marcel Sabourin était de passage à Sainte-Thérèse, pour un rendez-vous des plus chaleureux, drôle et éclaté.

Le maître de cérémonie, Frédéric Lapierre, débute la soirée sous le signe de l’humour, préférant y aller d’une longue présentation de son volubile invité, car il craint ne plus pouvoir placer un mot après l’arrivée de Marcel Sabourin. Depuis son premier rôle en 1953, il en cumule plus d’une «cent cinquantaine» au théâtre, à la télé et au cinéma, en plus d’avoir enseigné à l’École nationale de théâtre du Canada et d’avoir écrit des chansons pour Robert Charlebois et touché à la scénarisation, la réalisation, la radio. Il a côtoyé Jean-Pierre Ronfard et Jean-Louis Roux, compte Gilles Vigneault parmi ses amis, mais n’hésite pas à collaborer avec des cinéastes de la relève. Passionné, curieux, Marcel Sabourin traverse les époques avec un vorace appétit de la vie, une conscience de la chance inouïe que l’on a d’exister.

Enfant, il se décrit comme un solitaire, amateur de bandes dessinées, de cinéma et de timbres, mais surtout marqué par la mort prématurée de son père, des suites d’une rare maladie. Pharmacien, ce dernier lui a transmis un intérêt pour la chimie et la physique, qui teinte ses propos alors qu’il s’interroge sur le présent et l’avenir, l’espace et le temps, l’évolution de la science et les changements sociaux qui en découlent.

Ce «questionnement du réel», qu’il a perçu dans les yeux d’un ami atteint de la maladie d’Alzheimer, lui sert d’ailleurs de point de départ pour aborder son rôle dans L’autre maison. Ce film de Mathieu Roy s’est avéré une expérience de tournage agréable, cependant Marcel Sabourin ne le regardera plus. «J’aime de moins en moins être trop ému au cinéma, dit‑il. Je l’ai déjà trop été, je préfère les choses sereines», ajoute‑t‑il avec sagesse.

D’autre part, Marcel Sabourin conserve un souvenir vivace de son passage au Collège Sainte-Marie, qui accueille alors selon lui «la raclure des cours classiques». Il y côtoie entre autres Luc Durand et Jean-Louis Millette, sous l’égide de «jésuites hors rang, tous défroqués sauf un» qui n’ont pas découragé le tempérament artistique de ces jeunes hommes qui allaient faire partie de la joyeuse bande de comédiens à l’origine d’émissions-cultes telles Les Croquignoles, La boîte à surprise et autre Ribouldingue. Il se trouve également à Paris lors des évènements de Mai 1968, où il enseigne l’impro dans le Conservatoire occupé, cohabite avec Mouffe et Charlebois à Statford, coscénarise «par hasard» un des premiers films féministes (J.A. Martin photographe, avec Jean Beaudin). D’une grande modestie, Marcel Sabourin raconte son extraordinaire parcours avec une pointe d’autodérision, sans mélancolie et le regard vif, avec toute la vie devant lui.

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