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Louis-José Houde: un homme de beaucoup de mots

Louis-José Houde, par sa finesse habituelle, parvient à extraire la drôlerie de situations pénibles ou incroyablement ordinaires.

Louis-José Houde: un homme de beaucoup de mots

On l’attendait depuis longtemps et avec impatience, ce retour sur scène de Louis-José Houde avec un nouvel opus.

Une salle comble d’un public fébrile, de tous les âges, était fin prête à l’accueillir avec son troisième spectacle solo, Les heures verticales, au Théâtre Lionel-Groulx les 17 et 18 novembre.

Pour l’humoriste, ces heures qu’il qualifie poétiquement de «verticales» sont celles qui représentent les moments où l’on doit se tenir debout, droit, être solide face à l’adversité, la fatalité, ou encore la banalité de l’existence. Voilà des sujets bien peu réjouissants, mais habilement abordés par Louis-José Houde qui, par sa finesse habituelle, parvient à extraire la drôlerie de situations pénibles ou incroyablement ordinaires.

Mais avant d’entamer ces Heures verticales, il est précédé sur scène par le singulièrement amusant François Bellefeuille, dont les cheveux pointent dans toutes les directions, à l’image de ses élucubrations absurdes. Qu’il explique à son petit voisin comment sont conçus les bébés, qu’il s’adonne au speed dating ou qu’il planifie l’achat de bananes à l’épicerie, il fait bien rire le public avec ses déclarations imagées et ses mises en situation poussées à l’extrême.

C’est donc un auditoire bien réchauffé, mais conquis d’avance, qui salue bruyamment et longuement l’arrivée sur le plateau de Louis-José Houde… qui se lance et ne s’arrête plus. Car le spectacle, d’une durée de près de 90minutes et présenté sans entracte, fait l’effet d’un seul numéro tant ses différents segments sont adroitement imbriqués les uns dans les autres, s’entrecroisant mine de rien, suivant l’imperceptible fil conducteur du temps qui passe.

Entre l’esclavagisme et l’euthanasie vus à travers ses yeux d’enfant, puis sa nostalgie du téléphone résidentiel et des cassettes audio, en passant par le rire des baby-boomers et les ruptures difficiles, ou encore le stress des nouvelles rencontres amoureuses et les rongeurs trop confiants, Louis-José Houde prend le temps de rendre hommage à ses parents, à sa famille.

Ce ton à la fois drôle et touchant, expertement manié par l’humoriste, est repris dans le tout dernier segment du spectacle, qui aborde le couple et l’amour au quotidien, exprimé par les petites choses, les petits gestes, les petits bonheurs.

Celui qui est reconnu pour son hyperactivité et son débit ultrarapide se fait ici plus posé, réservant ses éclats pour mieux étayer ses dires, appuyer physiquement ses paroles. Son jeu demeure par ailleurs très physique, très dynamique.

Homme de beaucoup de mots, Louis-José Houde prend plaisir à façonner la langue française à son image à l’aide de métaphores, d’onomatopées et d’inflexions comiques, créant même des mots et des verbes pour exprimer une pensée avec plus de précision.

Cette manière qu’il a de dépeindre le quotidien pour en rendre hilarants les moindres petits détails, d’utiliser l’autodérision pour nous amener aussi à rire de nous-mêmes, de décortiquer, d’extrapoler, de jouer avec les mots, témoigne d’un travail acharné que dissimule une aisance incroyable sur la scène, qu’il habite comme un chez-lui dans lequel il nous aurait tous invités pour se raconter.

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