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Lorraine en humour: François Bellefeuille

François Bellefeuille

Lorraine en humour: François Bellefeuille, redoutablement drôle

Pour sa troisième et dernière soirée Lorraine en humour de la saison, le centre culturel Louis-Saint‑Laurent affichait complet. Il s’agit d’un beau triomphe pour ces soirées, qui culminaient avec la présence attendue de la tête d’affiche François Bellefeuille. Le précédaient sur scène, le 17 mai dernier, Martin Vachon et l’animateur de la soirée, Étienne Dano.

Pour son premier tour de piste, ce dernier choisit d’abord de titiller la fibre nostalgique du public de sa génération. Il interpelle en effet les 25‑35 ans en leur rappelant le cursus secondaire et les jeux du primaire. Il aborde aussi les conséquences de sa peur du sang et les comportements des animaux, en passant par une démonstration de «speed imitating». Sous les applaudissements de la foule, il cède bientôt le micro à Martin Vachon.

Celui que l’on connaît également en tant que comédien, notamment avec ses rôles dans La galère et Mémoires vives, prend le plancher avec un plaisir manifeste. Misant sur son jeu très dynamique, la gestuelle et les mimiques exacerbées, il oscille entre deux pôles, les anecdotes personnelles et un humour plus social.

Le récit de son passage à l’émission Le grand saut précède celui, non pas de sa virée à Las Vegas (car ce qui se passe à Vegas reste à Vegas!) avec l’humoriste Pierre Hébert, mais bien de leur passage mémorable aux douanes canadiennes. Le public s’esclaffe particulièrement alors que Vachon narre, avec force gestes et euphémismes, un incident particulièrement humiliant impliquant son chien, son anatomie et un téléphone cellulaire…

Il aborde également le déclin de la religion au Québec, imaginant des solutions extrêmes afin de redorer son blason auprès des jeunes, avant de se lancer dans la question de l’identité nationale, énumérant les plus et les moins de la défaite des plaines d’Abraham.

Appréciant ses réflexions et son énergie, le public le salue chaleureusement avant d’accueillir à nouveau Étienne Dano en seconde partie de la soirée. Il se contente cette fois d’un sujet unique, les voyages dans le Sud, avant de passer le flambeau à un François Bellefeuille particulièrement échevelé.

Les spectateurs, déjà hilares rien qu’à l’apercevoir, reçoivent avec joie sa première boutade qui leur est directement adressée: «Ça vous tentait pas de me laisser une place de stationnement? J’ai failli sacrer mon camp!» Son personnage, irrité et irritable, à la dégaine inimitable, semble aussi surréaliste que son discours. Aussi absurde soit‑il, celui‑ci recèle une logique qui lui est propre, aussi insoupçonnée qu’implacable.

N’en déplaise à ses détracteurs, François Bellefeuille ne dit bel et bien pas n’importe quoi. Il établit des rapports de cause à effet inusités, mais légitimes, livrés par son personnage «à la beauté floue». Qu’il aborde des sujets aussi divers que son célibat prolongé, les légumes, la médecine, notre rapport aux aînés ou qu’il explique comment naissent les bébés ou les mécanismes de l’infidélité, il le fait d’un point de vue recherché, rafraîchissant et inattendu, dont l’effet de surprise génère l’hilarité.

Mais avec la présentation du personnage, le ton particulier qu’il emploie, la dose massive d’une autodérision désespérée, François Bellefeuille crée un tout cohérent et redoutablement drôle.

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