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L’opéra démocratisé

La conférencière Geneviève Rivard

L’opéra démocratisé

Opéra. Ce mot à lui seul stimule l’imaginaire, générant une pléthore de clichés populaires.

On visualise une imposante dame s’égosillant sous son casque viking, on imagine de décadentes installations scéniques aux limites du bon goût, on se représente un auditoire en tenue de gala, lèvres pincées, lunettes d’opéra à la main. Ces préjugés ayant la vie dure, la ville de Sainte-Thérèse, en partenariat avec l’Opéra de Montréal, propose ainsi la série de conférences « Les rendez-vous à l’opéra ». Ces derniers ont pour objectif de démocratiser l’art lyrique, de le rendre plus accessible en le débarrassant de son carcan élitiste.

La conférencière Geneviève Rivard accueillait donc un public d’assidus mêlé de néophytes le 6 mai dernier, à la maison Lachaîne. Cette rencontre préparatoire, dernière de la saison, était consacrée au compositeur Giacomo Puccini, plus particulièrement à l’opéra Turandot, qui sera présenté à l’Opéra de Montréal les 17,20, 22 et 24 mai prochains. Mme Rivard, qui a étudié le piano, le chant classique et la pédagogie, endosse avec enthousiasme et habileté son rôle de vulgarisatrice. Cette passionnée d’opéra travaille depuis de nombreuses années au développement de l’auditoire, familiarisant autant des groupes d’âge scolaire que d’âge adulte avec l’art lyrique.

Au menu de cette rencontre, donc, un survol de la vie de Puccini et un portrait global de son époque, les contextes sociopolitiques, culturels et personnels de la genèse de son œuvre. Geneviève Rivard illustre le tout avec clarté, alternant les faits d’anecdotes qu’elle raconte d’ailleurs comme si elle y était. On y apprend en outre que Turandot a été l’œuvre ultime du compositeur décédé en 1924, demeurée inachevée avant d’être conclue par Franco Alfano. On raconte qu’à sa toute première représentation, le chef d’orchestre a, en hommage au compositeur, déposé sa baguette suite à la dernière mesure écrite par Puccini et mis fin au spectacle. Les représentations subséquentes ont ensuite été jouées incluant la finale imaginée par Alfano.

Turandot raconte l’histoire d’une impitoyable princesse de la Chine Impériale qui soumet ses prétendants à sa loi cruelle : celui qui désire l’épouser doit résoudre trois énigmes pour remporter sa main et le trône de Chine. S’il échoue, il sera décapité. Arrive le prince Calaf, qui surprendra Turandot en lui proposant à son tour une énigme. Avec l’aide la servante Liù, Calaf triomphera et le cœur de glace de la princesse retrouvera sa chaleur, et le peuple, un intense soulagement. Homme de théâtre en plein cœur d’une époque de bouillonnement artistique, Puccini serait un cinéaste avant l’heure. Se décrivant comme « un visuel », il se documente beaucoup pour l’écriture de Turandot, poussé par un grand souci du détail. Il fait également fi des conventions dictées par le style classique, métissant théâtre antique, commedia dell’arte et romantisme lyrique pour créer son œuvre ultime. En ce sens, les clés d’écoute suggérées par Mme Rivard permettent de percevoir un symbolisme omniprésent, de dégager les subtilités des différentes tessitures, de « voir » la scène grâce à la seule écoute de la musique et de la voix. On comprend ainsi mieux la sensibilité, l’émotion, la richesse de l’opéra, et surtout (mission accomplie Mme Rivard), on sent qu’il peut aussi s’adresser à nous.

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