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L’esprit de famille: devine qui vient dîner…

Relations de couples et relations fraternelles, ces sujets constituent une source intarissable pour le cinéma, la télévision, le théâtre.

Ils ont inspiré à l’auteur Français Éric Assous la comédie L’esprit de famille, adaptée pour le Québec par Michel Tremblay, un huis-clos aux allures d’inquisition impliquant trois frères, leurs épouses ainsi qu’une mystérieuse invitée surprise…

Dans une mise en scène de Monique Duceppe, la troupe composée de Roger LaRue, Linda Sorgini, Catherine-Anne Toupin, Catherine Florent, Antoine Durand, Yves Bélanger et Anne Casabonne s’est arrêtée au Théâtre Lionel-Groulx, le 19 avril dernier ,au cours de sa tournée Québécoise.

Le rideau s’ouvre sur la scénographie élaborée du salon d’une grande maison de campagne, poutres visibles et murs de pierre. Des cartons de déménagement s’entassent dans les coins ou font office de tables basses. On peut apercevoir un jardin luxuriant par une porte entrouverte.

Ce lieu en apparence paisible se transformera bientôt en une sorte d’arène des conflits conjugaux et familiaux. Car il n’y a rien comme la famille pour réunir des individus disparates qui, d’ordinaire, ne seraient aucunement attirés les uns par les autres.

C’est le cas des trois belles sœurs de L’esprit de famille, Christelle, l’agente immobilière acerbe et snobinarde, Martine, la prof de français blasée au franc-parler dévastateur, et enfin Nicole, la bonne vivante naïve et insouciante, respectivement les épouses du dentiste David, de l’avocat Yvon et de l’informaticien François.

Excellent prétexte à une réunion familiale, la pendaison de crémaillère de Nicole et François rassemble tout ce beau monde pour une joyeuse soirée… jusqu’à la seule mention d’un nom, celui de Talia, la secrétaire de François que Nicole a invitée à la dernière minute, ce qui génère un vent de panique chez les hommes et de méfiance chez les dames.

Dès lors, l’atmosphère change du tout au tout. Les épouses se transforment en investigatrices habiles et les maris pataugent en tentant de dissimuler les liens qui les rattachent chacun à Talia tout au long du premier acte. Lorsque cette dernière se montre enfin, les hommes sur le qui-vive assistent à l’interrogatoire de Talia, laquelle semble s’amuser de la chose, prenant plaisir à disséminer des indices, à révéler des demi-secrets.

Les masques finissent par tomber après autant de tension, chacun se révèlant tel qu’il est vraiment. Les vernis s’écaillent, découvrant les insécurités, les secrets enfouis, rouvrant des plaies. Si tous les personnages sont bien campés et solidement interprétés, les femmes se démarquent par leurs personnalités plus typées, leur rôle plus agressif alors qu’elles tentent de dénouer les fils du mystère Talia.

Les trois frères sont plutôt en mode défensif, s’embourbant dans le mensonge et s’aidant les uns les autres à se dépatouiller. Le texte entremêle les répliques assassines, surtout dans le cas de Martine (Linda Sorgini, particulièrement punchée), et les phrases comiques allégeant les tensions sous-jacentes et les nombreux malaises.

Chaque comédien semble avoir un plaisir sincère à rendre son personnage aux multiples facettes, à révéler ces dernières à mesures que les façades se fissurent. Et ce plaisir trouve son écho dans la salle où les rires fusent, tout au long de ce tourbillon de révélations.

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