- PUBLICITÉ -
Les Muses orphelines: famille en déroute

Léane Labrèche-Dor donne la réplique à Macha Limonchik

Les Muses orphelines: famille en déroute

Dès l’ouverture, on comprend que cette famille est dirigée par une grande sœur institutrice pleine d’amour et vaguement marâtre. C’était un peu la norme, dans le Québec profond des campagnes du milieu des années 1960, quoique Les Muses orphelines sont totalement hors normes.

C’était jeudi dernier, dans un théâtre rempli jusqu’au balcon pour voir cette production de Duceppe incarnée par Maxime Denommé, Macha Limonchick et Nathalie Malette qui se montraient tous à la hauteur de leur réputation et pleinement engagés dans leur personnage, avec Léane Labrèche-Dor qui brille dans le rôle sans doute le plus difficile et qui s’impose avec une pertinence croissante tout au long de l’intrigue, et davantage encore à la toute fin.

Parce que le rôle de jeune déficiente qu’elle tient révélera progressivement la pertinence de sa pensée, au cœur d’une famille en déroute depuis la défection de la mère, laissant les trois plus jeunes à la charge de la plus vieille, puisque le père est décédé.

C’est là tout le génie du travail de Michel Marc Bouchard qui réussit à raconter l’histoire en boucles à travers les dialogues souvent assassins et à réserver une finale, par ailleurs retravaillée, qui boucle l’intrigue avec brio.

Les dialogues sont superbes et autant révélateurs des personnages que de leur histoire commune. À chaque réplique, on entre plus profondément dans la compréhension de leur drame familial et de l’incidence psychologique (et même physique) sur le fils, qui ne cherche qu’à se vêtir en robe et écrire l’histoire de sa mère. La fille lesbienne et militaire étonne avec une quête secrète et l’institutrice stérile compense avec les enfants des autres, accrochée au géniteur le plus proche.

Mais c’est la petite déficiente et son obsession des mots, une dimension du texte qui amène des répliques souvent amusantes, sinon vraiment drôles, qui s’avère le vrai fil conducteur de l’intrigue, avec une progression constante et une grande intensité dramatique.

Un mot sur le décor de Richard Lacroix, l’intérieur d’une petite maison bancale en plan incliné aux murs faits de longues planches droites verticales. On y voyait la pauvreté rurale, mais surtout le caractère déstabilisé de cette famille orpheline, perdue au bout d’un rang et ostracisée par sa communauté.

La mise en scène laisse toute la place aux comédiens qui livrent un texte touffu, près de deux heures en dialogues constants, avec des émotions toujours troubles que les quelques rires parviennent tout de même à alléger. Mais on ne ressort pas d’un théâtre d’été.

C’était donc la conclusion de la programmation théâtrale d’Odyscène et elle fut grandement appréciée du public.

Retenez toutefois que la chouette équipe du Petit Théâtre du Nord vous propose Enfantillages, au 1000, chemin du Plan-Bouchard, à Blainville, les jeudis, vendredis et samedis, dès le 21 juin, avec relâche les 25, 26 et 27 juillet. La pièce sera alors présentée au Théâtre de la Licorne.

C’est un théâtre de création qui étonne à chaque production et vous pouvez favoriser cette entreprise culturelle en assistant à sa seconde soirée-bénéfice, le 20 juin prochain, avec l’animatrice et comédienne Mélanie St-Laurent, ainsi que les comédiens Luc Bourgeois, Louise Cardinal et Sébastien Gauthier. Pour renseignements, il suffit de composer le 450-419-8755. Partenaires corporatifs recherchés.

- PUBLICITÉ -

Nos chroniques

La dernière édition

Section concours

Concours Sucré
- PUBLICITÉ -
Top