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Les Misérables: une réussite sur toute la ligne

Félix Lahaye et Renée-Claude Vigneault

Les Misérables: une réussite sur toute la ligne

C’est dans le Paris du XIXe siècle que le metteur en scène Guillaume Turcotte et la troupe du Service socioculturel du collège Lionel-Groulx conviaient le public pour leur comédie musicale annuelle, les 10, 11 et 12 janvier derniers au Théâtre Lionel‑Groulx.

Chanteurs, danseurs, comédiens et musiciens ont ainsi donné vie aux ruelles parisiennes et à la France provinciale dépeintes par Victor Hugo dans Les Misérables, pour un spectacle à grand déploiement des plus réussis.

Les Misérables retrace le parcours de Jean Valjean qui, libéré de prison après 19 années de travaux forcés, tente de refaire sa vie. Il est rejeté partout à cause d’un passé qui le poursuit sous les traits de l’inspecteur Javert, qui le traque sans relâche au nom de la justice. Leurs destins s’entremêlent à ceux de la mère célibataire Fantine et sa fille Cosette, cette dernière prise sous son aile par Valjean, à celui de l’évêque Myriel, qui aide celui‑ci à échapper au bagne pour récidive, mais aussi à ceux du couple Thénardier, tenanciers d’auberge malhonnêtes et leurs enfants, particulièrement Éponine, et de Marius dont Éponine est amoureuse, mais qui s’éprendra finalement de Cosette.

Le récit se déroule entre la bataille de Waterloo, en 1815, et les émeutes de 1832, ces dernières et leur barricade sur la rue Saint-Denis se faisant un point convergent pour les personnages principaux de la pièce, là où plusieurs y laisseront leur vie.

C’est à Francis Leroux-Jones que Guillaume Turcotte a confié le rôle de Jean Valjean. Sa forte présence alliée à sa voix grave et texturée lui confèrent une autorité rassurante qui sied bien à ce personnage aux multiples facettes. On le retrouve souvent en duel vocal avec le policier Javert, auquel Maxim David apporte une rigidité et une maîtrise presque militaire, tant dans le jeu que dans la voix. Marie Gélinas apporte une sensibilité fragile à sa Fantine, particulièrement dans la scène où elle s’éteint doucement, Jean Valjean à ses côtés.

Le couple Thénardier ravit le public, source de comique dans la misère ambiante. Incarnés avec panache par Matthew Bernier-Hudanish et Cassandre Careau, ils sont hauts en couleur avec leur allure gitane et leurs personnalités fourbes. Félix Lahaye et Anne-Marie Morin prêtent leurs traits et leurs voix à Marius et Cosette, leur insufflant la touchante naïveté et la farouche détermination des premières amours. À leurs côtés, Renée-Claude Vigneault campe leur amie et complice Éponine, qu’elle interprète avec nuances, toute en émotion contenue.

L’univers dans lequel évoluent les Misérables, créé par Mélissa Ricard et baigné des subtiles lumières de François Olivier, permet de créer les différents lieux grâce à un plateau tournant mû par les comédiens. On peut y admirer les costumes de Caroline Duhaime dans les chorégraphies précises et dynamiques de Nicolas Patry.

Les tableaux de groupes accrochent l’œil, regorgeant de détails, particulièrement les scènes de bar chez les Thénardier ou encore les portraits de vie dans la rue, rendus encore plus vivants, car solidement encadrés par la présence de l’orchestre dissimulé dans la fosse: basse appuyée, percussions oppressantes et trompette éclatante métissées à des claviers dramatiques et une guitare et un violon délicats, pour un environnement sonore riche et soutenu, presque palpable.

Une réussite sur toute la ligne, donc, pour cette nouvelle mise en scène de Guillaume Turcotte, où les différentes composantes du spectacle semblent s’imbriquer sans effort, pour un tout des plus harmonieux.

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