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Les malheurs de Michel

(Photo Pierre Latour)

Les malheurs de Michel

Humour

Michel Barrette a 53 ans. Il fait partie des paysages télévisuel, cinématographique et humoristique depuis le début des années 1980. Ainsi, lorsque l’on aperçoit, trônant au centre de l’avant-scène, un fauteuil berçant, on se dit que l’on aura droit à un autre spectacle sur le vieillissement, le passage du temps, teinté de nostalgie.

Il est certain que l’on retrouve un peu des deux premiers, et surtout du dernier point, dans le plus récent opus de Michel Barrette. Toutefois, ce fauteuil représente d’abord le fauteuil du conteur, celui de son grand-père, son inspiration. Car dans ce spectacle, c’est Barrette le conteur, l’improvisateur qui se révèle.

Faisant son entrée en scène au son d’une musique rock offrant un amusant contraste avec la chaise précédemment mentionnée, l’humoriste est accueilli des plus chaleureusement par un public qui se révélera généreux et bon joueur, ce qui est tout à fait à l’image de l’artiste. Celui-ci offrira d’ailleurs plus de deux heures de spectacle, sans entracte ni baisse d’énergie.

Le geste nerveux, le débit rapide, Michel Barrette se raconte, tout simplement. Dès les premiers instants, alors qu’il relate avec mille détours l’étonnante genèse de ce même spectacle solo, on a l’impression d’entendre un ami nous raconter spontanément sa fin de semaine. On ne sent pas le texte, le naturel coloré de l’humoriste prend le dessus pour raconter avec fluidité tant les souvenirs de jeunesse que les petits désagréments de la vie quotidienne. On s’esclaffe à son anglais approximatif, alors qu’il nous dépeint ses exploits de vol en F-18 en compagnie des Blue Angels, ces as américains de la voltige militaire.

Son jeu corporel, très convaincant, douloureux à regarder, alors que Barrette relate les dures conséquences physiques de ces mêmes prouesses, a également de quoi nous faire rigoler, car l’humoriste n’a pas peur de rire de lui-même et de ses mésaventures. Une crevaison, les joies de l’hiver québécois, l’échec total d’un spectacle mettant en vedette Roland Hi! Ha! Tremblay à l’Olympia de Paris, un clin d’œil à sa propre infidélité, les malheurs de Michel Barrette font ici notre bonheur.

Oui, il vieillit, oui, il sent le passage du temps dans son corps et dans toutes les sphères de sa vie, mais Michel Barrette préfère prendre le tout en riant. Père de quatre garçons de quatre à vingt-six ans, ce «gars de chars» notoire se confie avec une fausse amertume sur ses espoirs déchus de faire de sa progéniture une bande d’amateurs d’automobiles à son image. Ce faisant, il rend ainsi un bel hommage à ses enfants et à leurs propres passions, tout plein de fierté paternelle.

Mais les derniers segments du spectacle, pleins de nostalgie pour la belle époque des années 1970 et sa simplicité, les conflits de générations et la technologie, s’étirent un peu, le rythme semble moins soutenu, peut-être à cause d’une part d’improvisation inhérente à tout spectacle de conteur.

Mais qu’à cela ne tienne, Barrette est si sympathique que l’on trouve toujours à rire ou à sourire. Le spectacle plutôt familial, empreint d’une certaine chaleur propre au genre, perd malheureusement de son charme avec le dernier numéro, où Barrette jure à tous les deux mots en énumérant les choses qui l’importunent. Un détour par une vulgarité non nécessaire qui se conclut sur une exclamation des moins invitantes… Dommage pour ce spectacle jusque-là des plus imagé, drôle et sympathique.

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