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Entête - Culture

Le joyeux tintamarre de Sagapool

La place du Village s’est de nouveau prêtée au jeu de la découverte musicale, alors qu’une nouvelle soirée estivale battait son plein le 23 juillet dernier.

En effet, comme tous les mardis de la belle saison, le plaisir des concerts en plein air a réuni une jolie foule au pied de la scène. Les spectateurs ont ainsi pu goûter les savoureuses compositions instrumentales de la formation Sagapool, qui terminait le même jour une tournée nord-américaine «presque chez eux, à Sainte-Thérèse». Pour ceux qui faisaient leur connaissance en même temps que moi, en voici la petite histoire: le groupe voit le jour en 1999 au Conservatoire de Musique de Montréal, et existe jusqu’en 2008 sous le nom de Manouche. Il devient ensuite Sagapool pour repousser les limites musicales que ce nom suggère et explorer tous les possibles. Riche de quatre albums, le sextuor formé des multi instrumentistes Luzio Altobelli, Guillaume Bourque, Alexis Dumais, Zoé Dumais, Dany Nicolas et Marton Maderspach se voit plusieurs fois nominé ou récompensé, notamment à l’ADISQ et aux Prix de musique folk canadienne.

Avec sa musique foisonnante aux accents festifs, Sagapool entraîne, dès les premières notes, le public dans un dédale coloré de rythmes et de nuances, parfois éclatantes, parfois subtiles. Chacune des pièces aux inspirations multiples génère un effet de renouvellement musical, ce qui tient peut-être au fait que chacun des membres du groupe est compositeur. Chaque morceau possède ainsi une saveur qui lui est propre, gardant le public toujours captivé malgré l’absence de mots. Ce côté «démocratique» du groupe se reflète également dans la disposition des musiciens sur scène. Avec Sagapool, pas de batteur relégué au fin fond du plateau, tous les membres du sextuor se rassemblant à l’avant-scène pour vivre le moment tous ensemble. Qui plus est, les musiciens passent allègrement d’un instrument à l’autre, alternent les tours de parole, le tout dans une atmosphère de plaisir et de partage en totale décontraction. Chacun est libre d’exprimer ses racines, ses passions, de prendre le micro, même la petite Clara, fille de la violoniste Zoé Dumais, qui ponctue d’adorables «lalala» la pièce Marcel.

La musique de Sagapool se fait riche, changeante et hétéroclite. Elle métisse les rythmes et mélodies d’ici et d’ailleurs où les inspirations latines, tziganes et klezmer se marient au jazz et au folk, côtoyant harmonieusement le beatbox et le rock. Les compositions possèdent un extraordinaire pouvoir d’évocation, générant des images d’une clarté limpide, vous faisant presque ressentir physiquement Le vent des Îles, par exemple, ou vous faisant entendre un chant de baleines d’une lenteur émouvante, voir les vagues se briser sur la côte puis devenir écume et retourner à la mer. Marcel, le chef de chantier, se matérialise presque sous vos yeux, les notes rappelant les bruits de la rénovation, tandis que le tourbillon sonore de Papa Jungle traduit sans mal le rythme effréné de la vie avec de jeunes enfants. Ce spectacle de Sagapool rappelle un grand souper de famille à la bonne franquette et en plein air, où tout le monde parle en même temps, rigolant et s’empiffrant dans un joyeux tintamarre à l’image de leur musique.

 

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