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Le gars d’à côté et l’inventeur de beauté

(Photo Pierre Latour) La présence de Patrick Watson sur scène est entière, authentique.

Le gars d’à côté et l’inventeur de beauté

Patrick Watson

Une soirée d’émerveillement à l’état pur, voilà ce à quoi nous aurons eu la chance d’être conviés, le 26 mars dernier au Théâtre Lionel-Groulx.

En compagnie de Patrick Watson et de son orchestre, mais aussi de la formation Timber Timbre qui les précédait sur scène, le public a pu vivre une expérience musicale hors du commun.

Une lumière rougeâtre et mystérieuse, des percussions entêtantes et une inquiétante ritournelle au piano marquent l’entrée en matière de Timber Timbre. La voix profonde et envoûtante de Taylor Kirk envahit alors l’espace, leur prestation s’amorçant avec Bad Ritual. Violon, harpe, sonorités électro et percussions s’entremêlent pour créer, à l’aide d’éclairages travaillés et organiques, une atmosphère magique, presque surnaturelle. À la fois sombre et lumineuse, la musique riche en textures sonores de Timber Timbre est théâtrale, rappelant les cirques et les films d’épouvante d’autrefois, prenant parfois des accents très années 1950. C’est sous les applaudissements ravis d’un public attentif et ouvert que le trio ontarien quitte la scène pour laisser la place à Patrick Watson et son orchestre, The Wooden Arms, auquel s’étaient greffées trois violonistes et ainsi qu’une violoncelliste.

Sous un tonnerre d’acclamations, Patrick Watson et ses musiciens prennent place, s’apprêtant à nous en mettre plein les yeux et les oreilles pour un concert qui filera plus vite que l’éclair. Tous les sens en éveil, on assiste à une enfilade de paysages sonores magnifiques, riches et raffinés, aux envolées lyriques prenantes.

Nuancés, aussi, car Patrick Watson et les Wooden Arms se font parfois orchestre symphonique, pour des pièces grandioses et mélodiques, qui nous transportent comme le vent ou la vague. Ou encore formation acoustique, pour ce segment charmant, intime et doux au cours duquel le groupe se partage un seul micro, pieds et mains servant de percussions, le tout dans un silence quasi mystique de l’auditoire.

En crescendo, envolées, murmures ou éclats, la voix et les mots de Patrick Watson emplissent tout l’espace, poétiques, intenses, frôlant parfois l’état d’urgence. Éthérée ou lourde, dramatique ou lancinante, la musique semble être une créature vivante, qui se meut, se gonfle jusqu’à exploser. Et la lumière, qui oscille, révèle ou camoufle, respire, elle aussi, au rythme de la musique, contribuant à créer cette atmosphère de magie et de beauté qui émerveille et blesse un peu à la fois…

La présence de Patrick Watson sur scène est entière, authentique. Habité par la musique, les sons et les mots, il s’agite dans la lumière ou dans l’ombre, assis au piano ou debout au micro. Comme dans une sorte de transe, il se fait émetteur, messager d’émotion brute. Et pourtant, lorsqu’il s’adresse à la foule ou à ses complices musiciens, c’est en toute simplicité, avec charme, humour et un brin d’autodérision qu’il le fait, comme si deux entités cohabitaient en lui: le gars d’à côté et l’inventeur de beauté.

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