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Le feu roulant de Lisa LeBlanc

Lisa LeBlanc s’abreuve de l’énergie de la foule

Le feu roulant de Lisa LeBlanc

C’est rien de moins qu’une salle comble, remplie d’un public fébrile et de bonne humeur, qui attendait impatiemment l’arrivée de Lisa LeBlanc au Cabaret de l’église Sacré-Cœur.

L’auteure-compositrice-interprète acadienne, que l’on connaît bien pour son franc-parler, son exubérante chevelure et son folk-rock rassembleur, était effectivement de passage à Sainte-Thérèse le 8 mars dernier, précédée sur scène par son compatriote Joseph Edgar.

Celui-ci débute la soirée de fort belle façon, livrant son folk teinté de rock et de blues avec intensité, authenticité. Parfois sombres, parfois enjouées, les chansons d’Edgar proposent des textes imagés reposant sur des mélodies à la guitare ou à l’harmonica. Qu’il chante l’amour ou les épouvantails, les rêves brisés ou les soirs de fête, Joseph Edgar le fait avec une passion que l’on peut ressentir à chaque parole prononcée, chaque note jouée. Sa présence et son charisme sont indéniables alors qu’il s’adresse à la foule avec humour et un fort accent acadien.

Ce musicien expérimenté, qui cumule vingt années de métier et quatre albums, se dit très heureux de jouer aux côtés de Lisa LeBlanc, de qui il parle en termes élogieux. Avec «les ailes grandes ouvertes et une voix de lionne», elle le rejoint sur scène le temps d’un morceau, une Chemins connus à laquelle elle prête son banjo festif que le public accompagne en battant la mesure avec vigueur.

Son «vrai» tour venu, Lisa LeBlanc y va d’une J’pas un cowboy à la fois très country et très rock pour un départ en force, la pièce et l’artiste accueillies par un tonnerre de cris, d’applaudissements et de sifflets appréciatifs.

Poursuivant sur sa lancée, elle entame Motel sans transition, agitant sa chevelure au rythme de la musique, façon «headbanger» métal. Aux côtés du guitariste J-P Hébert et du batteur Maxime Gosselin, Lisa LeBlanc s’abreuve de l’énergie de la foule, pour une relation donnant-donnant généreuse et chaleureuse.

À la guitare ou au banjo, elle se démène comme pas une, la voix en forme, fougueuse, offrant ses textes mordants dans des écrins musicaux endiablés. On pense à l’explosive Downtown, décrivant le choc culturel qu’elle a vécu en arrivant à Montréal («Y a des bâtisses ici!»), l’ultrarapide Chanson d’une rouspéteuse, au cours de laquelle LeBlanc s’interrompt pour prendre une gorgée d’eau («J’pense j’va mourir!») ou encore cette version de Hound Dog presque punk-rock, extrêmement appréciée et soulignée d’un «Incroyable!» sonore par une spectatrice époustouflée.

Véritable feu roulant folk-trash, le concert connaît quand même ses moments plus introspectifs, durant lesquels l’auteure-compositrice-interprète dévoile ses facettes plus tendres ou plus sombres, tout en restant fidèle à son style d’écriture très direct. La superbe Lignes d’Hydro nous émeut, à l’instar d’une douce-amère Avoir su et une Juste parce que je peux à la fois triste et lumineuse, alors que Kraft Dinner, cette étonnante chanson d’amour joliment tournée, ravit le public.

La langue bien pendue, Lisa LeBlanc bavarde à qui mieux mieux, donnant des nouvelles de son Rosaireville natal, décrivant son arrivée à Montréal avec force détails. Exubérante, elle s’égare parfois, mais retrouve bien vite son chemin en musique, guidant le public à travers ses états d’âme, souvent drôles, toujours empreints d’une réalité crue.

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