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Le bruit des os qui craquent: quand l’espoir demeure plus fort que la vie

De passage à Ste-Thérèse, l'auteure Suzanne Lebeau et le metteur en scène Gervais Gaudreault sont venus présenter leur pièce, Le bruit des os qui craquent, l'histoire de deux enfants soldats, Elika, 13 ans et Joseph 8 ans, qui tentent de fuir les rebelles, au prix de leur vie.

C’est une histoire de guerre comme il en existe plusieurs, mais tellement dure qu’on peine à croire qu’elle provient d’une quelconque réalité, si loin soit-elle de la nôtre.

Puis, quelques minutes avant que les lumières ne s’éteignent et que ne soit plongé dans le noir le Théâtre Lionel-Groulx, les gens, fort peu nombreux dans la salle ce soir-là, ont été invités à se regrouper dans les premières rangées. Heureusement. Parce que l’horreur du propos de la pièce et l’insoutenable constat des atrocités que vivent ces enfants méritaient d’être reçus et reconnus collectivement.

Grâce à la mise en scène habile et sensible de Gervais Gaudreault, les comédiens Audrey Talbot (Elika) et Jean-Philip Debien (Joseph) n’ont eu aucun mal à incarner des enfants, par leur gestuelle et leur posture, souvent accroupie. Entre eux et le public, un fin voilage a suffi à conférer à l’ensemble l’aspect recherché, à la fois fluide et sombre, voire opaque, donnant parfois l’impression que les enfants étaient littéralement avalés par le noir. Comme l’espoir qui disparaît et s’éteint. «Elika, contre qui on fait la guerre?», demandera le petit Joseph avec toute l’innocence d’un enfant de 8 ans.

À gauche, sur l’avant de la scène, la comédienne Isabelle Miquelon a été lumineuse. Bien que son personnage, l’infirmière qui accueillera ces enfants après une fuite de plusieurs semaines, en était un de soutien à l’histoire d’Elika et Joseph, bien que l’histoire n’était justement pas la sienne, mais bien celle des deux enfants soldats, elle a su, par sa seule présence et grâce à ses diverses intonations de voix, de la révolte aux chuchotements, insuffler à chacun de ses mots l’émotion voulue et le ton toujours juste. «Comment soigner les blessures qui ne saignent pas», soulèvera-t-elle à un moment.

Or, tour de force de l’auteure, malgré la lourdeur du sujet choisi, malgré la déroute et le désespoir qui habitent ses personnages, une lueur brille sans relâche. Celle de l’espoir. Celle qui fera dire à Elika, 15 ans, tout juste avant de mourir, que sa vie aura finalement été, somme toute, encore trop courte.

Création de la compagnie de théâtre le Carrousel et du Théâtre d’Aujourd’hui, Le bruit des os qui craquent a reçu plusieurs prix, dont le Prix de littérature dramatique des collégiens en Île-de-France Collidram, en 2010, le Prix littéraire du Gouverneur général 2009 – catégorie Théâtre et le Prix de la critique 2009 – catégorie Jeunes publics, remis par l’Association québécoise des critiques de théâtre. Pour connaître le calendrier de la tournée, visitez le site Web [www.lecarrousel.net].

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