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La voix comme un soleil

(Photo Pierre Latour)

La voix comme un soleil

Vincent Vallières

Le dernier passage en sol térésien de Vincent Vallières s’était déroulé dans l’atmosphère chaleureuse du cabaret de l’église Sacré-Cœur, où le concert intime et convivial avait ravi l’auditoire. L’auteure de ces lignes était donc curieuse de voir comment les textes personnels de l’auteur-compositeur-interprète, ses mélodies accrocheuses allaient se traduire dans la vastitude et l’ambiance plus «officielle» du Théâtre Lionel-Groulx…

C’est donc une belle soirée tout aussi décontractée que nous ont offerte Vincent Vallières et son ami J-P Dalpé, qui le précédait sur scène. Réceptif, le public a d’abord accueilli avec enthousiasme un J-P Dalpé sympathique et détendu, sourire en coin et le mot pour rire. À la guitare, qu’il manie fort habilement d’ailleurs, il propose une jolie poésie du quotidien, traduisant les aléas de l’amour et du quotidien avec une simplicité et une adresse qui font inévitablement penser à la tête d’affiche Vincent Vallières.

Ce dernier s’amène sur le plateau, soutenu par un orchestre complet, dans une lumière en clair-obscur pour un début de concert semblable à un réveil tout en douceur. La voix comme un soleil, même lorsqu’il dit «Je sais plus voir la beauté avec toute la peine que j’ai» dans Le monde tourne fort, l’artiste entame le concert de superbe manière.

Sans transition, on passe à En attendant le soleil, qui raconte l’amour au quotidien, l’importance de continuer à avancer, à retrouver son chemin, dans une chanson lumineuse de la même manière que Sortir du bois, un petit morceau de bonheur sur la musique qui console, positif, chaleureux.

Dans Désert habité, Vallières s’exprime avec une intensité tranquille, alors que Le temps est long marque un virage carrément rock avec la guitare électrique, une mélodie plus lourde qui évoque la rage, l’impuissance. Le public salue la réconfortante Café Lézard avec chaleur, dès les premières notes, avant d’être impressionné par le débit rapide et le texte presque sans ponctuation de Époque d’opinions, mais surtout d’être ému par la simplicité, la justesse des mots de L’amour au coin de la rue.

On fait un détour par Gaston Miron (Au sortir du labyrinthe), puis par la lourdeur, l’obscurité de la fin d’une relation avec une Manu aux accents amers, qui dépeint toute la platitude, la banalité de la rupture avec des mots simples et francs.

La seconde partie du concert s’amorce de façon plus légère avec une Je pars à pied à saveur «amour et eau fraîche», enchaînée à une Entre partout et nulle part au rythme ondulant. Vallières se raconte entre les pièces avec humour et humilité, anecdotes magogoises et souvenirs d’adolescence, sa rencontre avec des soldats de l’armée canadienne pour l’émission Voix humaines, qui a généré la pièce La guerre la paix. J-P Dalpé revient aussi sur scène, cette fois à la trompette, accentuant la tristesse poétique, l’espoir naïf et vain de L’espace qui reste, avant de reprendre sa guitare pour se joindre à l’orchestre le temps de La toune à Gasse. Relax, ensoleillée, témoignage d’une belle amitié, avec une finale digne d’un musical. On aime Le bord de l’eau et son country endiablé, Tom et sa décontraction et on en redemande. Et l’on reçoit les magnifiques On va s’aimer encore et Repère tranquille, les chansons d’amour que Vallières crée si bien, traduisant les sentiments immenses par les mots du quotidien, les vrais mots, ceux qui nous ressemblent.

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