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La Liste s’impose

Sylvie Drapeau joue ce texte avec une précision sans faille.

La Liste s’impose

Théâtre

Rentrer les poubelles, Payer la carte de crédit, Dégeler la viande, Laver le bain… C’est ça, une liste. Ça s’écrit à l’infinitif, mais si c’était rédigé par une autre personne que soi-même, alors ce serait conjugué à l’impératif, donc sur un ton de commandement.

Mais dans l’œuvre singulière présentée au Théâtre Lionel-Groulx, samedi dernier, sur cette Liste sera écrite et transcrite la culpabilité de celle qui la tient.

Le ton de la pièce de théâtre La Liste, un spectacle à un seul personnage écrit de la main de Jennifer Tremblay et interprété par Sylvie Drapeau, se devait d’être d’une constante neutralité puisque, sur cette liste, tout est d’égale valeur, jusqu’à aplanir le quotidien qu’elle encadre.

Toute la volonté de la femme à conférer un sens à son existence de mère y est inscrite en ordre, parallèlement à la description méprisante de l’univers déglingué de sa meilleure amie, désordonnée et aux enfants indisciplinés. Elle en a déjà cinq et en attend un autre… la pauvre.

En fait, un item de cette fastidieuse liste tombera de l’échéancier d’un jour à celui d’un autre, jusqu’à s’étirer sur des semaines, et il en résultera un drame qui exacerbera la culpabilité d’une narratrice déjà très borderline côté névrose compulsive.

La culpabilité s’ensuivra: on est dans une vraie histoire de femmes.

C’est un véritable exercice de style pour l’actrice qui doit porter seule, et pendant 70 minutes, un long monologue qui rappelle sans cesse ce ton de la liste:

Laver le linge,

Nettoyer les casseroles,

Payer les comptes,

Laver le réfrigérateur…

Et l’actrice parvient à captiver et convaincre en modulant le propos de cette litanie volontairement laconique autour de moments de brisure judicieusement semés dans la trame dramatique.

Le spectateur prend plaisir à suivre la pensée obsessive de cette femme acariâtre, parfois avec des moments drôles, ce qui donne davantage de relief au drame qui s’élabore progressivement en sourdine.

Il faut souligner le décor qui enrichit l’aspect névrotique de la narratrice, ainsi que les accessoires qui lui permettent d’appuyer le jeu, en évitant d’en faire un long monologue statique. La mise en scène est signée Marie-Thérèse Fortin et elle met l’actrice en situation de jeu de façon parfaitement efficace.

L’écrivaine et la comédienne se sont mises à la disponibilité des spectateurs en fin de représentation pour une rencontre publique. Vous aurez deviné que Sylvie Drapeau, qui joue ce texte avec une précision sans faille, avait nombre d’admirateurs dans la salle.

La Liste a déjà mérité trois prix majeurs, soit celui du Gouverneur général, le prix Michel-Tremblay, ainsi que le prix Auteur dramatique Banque Laurentienne.

Le Théâtre d’Aujourd’hui peut donc se targuer d’avoir produit une œuvre à la fois solide et très populaire, puisque le Théâtre Lionel-Groulx était rempli jusqu’au balcon pour cette présentation.

Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges

Deuxième tome des chroniques du Plateau-Mont-Royal, la tragi-comédie sur fond de relents religieux Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, de Michel Tremblay, mise en scène par Serge Denoncourt, clôturera la saison théâtrale, le 21 avril, mais sachez que la représentation affiche déjà complet.

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