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École de Théâtre professionnel, Collège Lione-Groulx, Christine la reine-garçon, Michel Marc Bouchard

Les finissants en interprétation ont présenté un extrait de la pièce. Devant, on reconnaît Joëlle Thouin, dans le rôle-titre. (Photo Claude Desjardins)

Denise Guilbault signe la mise en scène de Christine, la reine garçon, pièce de Michel Marc Bouchard qui sera présentée par les finissants de l’ETP du collège Lionel-Groulx. (Photo Claude Desjardins)

La liberté qu’on se donne

Christine, la reine-garçon

Le passage de Christine, «roi» de Suède, dans le paysage historique, pour peu qu’on s’y attarde, ne laisse personne indifférent. En 2012, le dramaturge Michel Marc Bouchard a placé le personnage au cœur d’une formidable pièce, laquelle a été reprise un peu partout à travers le monde, puis portée à l’écran et même à l’opéra (c’est pour 2023). Les finissants de l’École de théâtre professionnel (ETP) du collège Lionel-Groulx y plongeront à leur tour, du 14 au 17 mars.

La pièce s’intitule Christine, la reine-garçon et nous conduit directement à la cour de Suède, au cœur du XVIIe siècle, sous le règne de cette femme intelligente, pacifique et cultivée, par ailleurs élevée comme un garçon, qui souhaitait tout d’abord extirper son peuple de l’ignorance, bien avant que d’enfanter un héritier et, ce faisant, de répondre aux pressions politico-religieuses de son temps. Le refus de se marier et cette résistance qu’elle opposera aux idées obscurantistes de l’Église luthérienne la pousseront à faire un choix entre ses devoirs de reine et ses aspirations personnelles. Elle optera pour l’abdication, en 1654, à l’âge de 27 ans.

C’est le portrait de cette anticonformiste et féministe avant la lettre que nous propose Michel Marc Bouchard en relatant un épisode important de la vie de Christine, laquelle fréquentait de nombreux artistes, savants et érudits, dont le philosophe français René Descartes, qu’elle avait convoqué à la cour afin qu’il lui explique les rudiments de l’amour et de la passion et qu’il lui enseigne, par le fait même, à les dominer.

Soif de modernité

«Le fait d’avoir un héritier l’aurait obligée à se soumettre à un homme, ce qui lui apparaissait comme une idée insupportable», explique la metteure en scène de la pièce, Denise Guilbault, qui voit dans ce personnage hors-norme le parcours d’un être qui assumera jusqu’au bout son désir absolu de liberté.

Cette quête, qui la mènera jusqu’en Italie (elle y mourra, en 1689), où la modernité s’incarne dans le catholicisme (elle s’y convertira), peut faire songer, souligne la metteure en scène, à ce mouvement qui avait poussé de nombreux artistes et intellectuels québécois vers le Vieux Continent, dans les années 1940, fuyant une société qu’ils estimaient étouffante et sclérosée. «C’était une femme à ce point moderne qu’il m’apparaît logique qu’on l’entende encore aujourd’hui», estime Mme Guilbault.

Celle-ci a fait le choix, par ailleurs, de monter une pièce d’époque, d’abord parce qu’il est de bon ton de le faire dans une école de théâtre, mais aussi parce que la modernité du propos ne fait aucun doute dans son esprit. «Les thèmes sont tellement forts, les enjeux sont tellement ceux d’aujourd’hui que je me suis dit: on va écouter le texte et ça va rebondir sur nous», pense-t-elle. D’autant plus, ajoutera-t-elle, que la pièce est issue de la plume d’un auteur contemporain. «Il a une écriture plus directe que celle du théâtre classique conventionnel, poursuit la metteure en scène, avec un mordant et un esprit qui est tout à fait d’aujourd’hui.»

Au service du texte

Les personnages de Christine, la reine-garçon évolueront dans un décor conçu par Tristane Sybelle Girard, qui proposera un univers à la fois teinté de grandeur et de simplicité. Une ode au savoir, a-t-elle imagé en faisant référence au personnage, mais à la richesse d’un texte auquel elle ne voulait pas faire ombrage. Les images projetées en conférence de presse suggéraient que cette conception s’orienterait à la verticale, en jouant avec des effets de transparence, en évoquant aussi la pureté, la blancheur et le froid.

Même préoccupation du côté des costumes, alors que Daphnée St-Jacques, tout en conservant le style et la mode de l’époque, a su l’adapter de manière à laisser toute liberté au texte, à l’action et aux interprètes. On a préféré la richesse des tissus aux éléments d’ornementation. C’est le bleu qui dominera, mais on se permettra quelques fioritures dorées.

Pour mettre tout ça en lumière, Kim Desrochers puisera dans la forêt, l’hiver et la nature afin créer des ambiances suggérant doucement la froideur du temps, le tout dans un décor dont la conception offre de beaux défis, dit-elle.

Pour ce qui est de l’environnement sonore, Maude Touzin versera également dans une sorte de minimalisme, en concordance avec le reste, ses interventions servant à soutenir discrètement le texte et les interprètes.

Ces derniers qui, a contrario, s’investiront totalement dans le jeu ont néanmoins reçu des consignes à l’effet de ne pas adopter un style d’époque, mais d’incarner plutôt l’humanité de leurs personnages, aux prises avec leur drame intérieur et leur solitude, d’y aller de façon essentiellement directe, en fait. «Les costumes joueront l’époque», résume la metteure en scène.

Christine, reine-garçon sera présentée du 14 au 17 mars, au Studio Charles-Valois, du collège Lionel-Groulx. Billetterie: Cabaret BMO, 57, rue Turgeon, Sainte-Thérèse, 450 434-4006.

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