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La fête des fous

(Photo Pierre Latour)

La fête des fous

Notre-Dame de Paris

Après avoir récemment visité les univers de Jésus Christ Superstar, du Roi Lion et de L’Étrange Noël de M. Jack, l’équipe socioculturelle du collège Lionel-Groulx s’attaquait cette année à Notre-Dame de Paris pour sa comédie musicale annuelle.

Cette tragique histoire d’amour signée Victor Hugo a traversé les siècles et les cultures pour arriver jusqu’à nous via les paroles de Luc Plamondon et les musiques de Richard Cocciante, que Guillaume Turcotte a ici mis en scène. Dans le décor imposant de cathédrale aux briques massives et à l’impressionnante coupole de vitrail (le tout conçu par Mathieu Prud’homme), rendu vivant par la lumière judicieuse et maîtrisée de Kéven Ouellet, Quasimodo, Phoebus et Frollo bataillent chacun à leur manière pour le cœur de la belle gitane Esméralda.

Autour d’eux, sans-papiers, bohémiens et soldats évoluent dans cette atmosphère baignée de haine, de trahison et de jalousie, dans un contexte qui n’a rien de désuet bien que le récit se déroule dans le Paris du Moyen-Âge. En effet, les enjeux de ce texte sont intemporels: discrimination et préjugés basés sur l’apparence physique, profilage racial et abus de pouvoir des institutions religieuses et militaires.

Le spectacle débute de manière forte et dramatique sur Le temps des cathédrales, durant laquelle les gitans envahissent le plateau par les arches de la cathédrale, créant ainsi un superbe tableau qui souligne la belle unité des costumes pensés par Elizabeth Girard et Lili Grondin. Les sans-papiers, chorégraphie puissante aux gestes désespérés et saccadés, ponctuée de flashes lumineux, donne le ton pour le reste des numéros de groupe, signés Nicolas Patry. Dynamiques et rythmés, ceux-ci viennent alléger l’atmosphère ou encore l’appuyer, tout en illustrant également le sens de la communauté des bohémiens et l’activité bourdonnante de la cité dans La fête des fous, La cour des miracles ou encore Le cabaret du Val d’amour. L’orchestre, dissimulé dans la fosse, contribue grandement à cet effet de foisonnement, de vie, la musique omniprésente et cohérente, apportant un côté organique à l’ensemble.

Dans la peau d’Esméralda, Vickye Morin offre une prestation sans faille, se mouvant avec une sensualité gracieuse, sa voix nuancée et son interprétation sensible, sans effort ni surjeu, émerveillant l’auditoire tout au long du spectacle.

Le Quasimodo de Vincent Paquette-Ravary, la voix rauque et le jeu physique crédible, offre lui aussi des moments touchants, oscillant entre la rage de l’éternel exclu et l’amour aveugle, que ce soit pour Esméralda ou son bienfaiteur, l’archidiacre Frollo.

Ce dernier est interprété par Guillaume Magnan, qui confère à son personnage un trouble contenu derrière la digne façade d’un homme de Dieu, une cruauté presque cachée qui se révèle surtout en chanson.

Sébastien Gagnon propose quant à lui un Phoebus au sourire de conquérant, à la fois sûr de lui et insécure. Déchiré entre deux amours, il deviendra froid et calculateur face à Esméralda et aux siens, entraîné par sa fiancée Fleur de Lys, à qui Carolyne Mailhot insuffle une amertume qui donne froid dans le dos, offrant un contraste marqué et habile entre l’innocence des débuts et la perte brutale de celle-ci.

Clopin, le chef des gitans et tuteur d’Esméralda, est rendu avec émotion et une belle intensité par Christian-Philippe Consigny, alors que le poète Gringoire, narrateur de l’histoire, est joué avec constance et une agréable légèreté par Gabriel Péloquin. En somme, une autre belle réussite pour cette production annuelle de l’équipe socioculturelle du collège Lionel-Groulx.

 

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