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La fête chez Bernard

Bernard Adamus propose une soirée mémorable et diablement divertissante.

La fête chez Bernard

Le Cabaret de l’église Sacré-Cœur en a vu de toutes les couleurs, le 9 novembre dernier, alors que son ambiance généralement feutrée s’est métamorphosée en véritable fête pour une nouvelle édition des Soirées branchées.

C’est à Bernard Adamus et ses complices musiciens, de même qu’au flamboyant duo Crémant Impérial en première partie, que l’on doit cette atmosphère festive et survoltée.

Un public fébrile et bruyant, un peu pompette, même, attend avec impatience l’arrivée de la tête d’affiche sur scène, que l’on aperçoit brièvement et qui nous souhaite la bienvenue à «l’émission Drogue et bière». Il nous laisse ensuite en compagnie d’un singulier duo.

En paillettes et lunettes noires, les filles de Crémant Impérial nous déroutent tout d’abord, avec leur prose imagée et dénonciatrice. Elles parviennent cependant à s’acoquiner le public, jusque‑là plutôt dissipé, en énonçant les travers de la société de consommation et l’obsession de la célébrité, leurs énumérations empreintes de cynisme et d’ironie entremêlées de versions déjantées de chansons populaires.

Chaleureusement applaudies, elles cèdent la place à Bernard Adamus et ses musiciens, qui se laissent cependant désirer un moment… Mais les spectateurs, conquis d’avance, ne leur en tiennent pas rigueur et les saluent avec un enthousiasme contagieux.

S’entourant d’une section de cuivres, d’une batterie, d’un piano, lui‑même à la guitare et à l’harmonica, Bernard Adamus propose un folk teinté de blues, de country, parfois même de hip‑hop. L’énergie qui s’en dégage, libératrice, créatrice et extrêmement festive, se métissant à l’alcool coulant à flots et aux mystérieuses odeurs de printemps flottant dans l’air, fait irrésistiblement penser aux Colocs de feu Dédé Fortin.

Le concert débute avec Y fait chaud, les spectateurs ravis se levant spontanément de leurs sièges. On ne passera d’ailleurs pas beaucoup de temps assis, la musique d’Adamus et le ton général du spectacle invitant à l’action plutôt qu’à l’écoute passive.

Car si on apprécie la poésie crue des textes d’Adamus et les mélodies entraînantes aux influences diverses, on a envie d’en battre la mesure, d’en scander les paroles, de célébrer. Du blues de Les raisons au rap de La question à 100 piasses, en passant par la country Brun (la couleur de l’amour) ou la plus sombre Le problème, les pièces nous percutent de plein fouet, particulièrement la touchante et lumineuse de bonheur ordinaire 2176, que Bernard Adamus exécute seul sur scène.

Les fans de l’auteur-compositeur-interprète connaissent chaque mot, chaque rime et ils prennent plaisir à les chanter, à manifester leur joie et leur affection pour l’artiste, qui s’en nourrit et la remet au centuple. Entre les pièces, il avoue avoir été très drôle la veille, mais ne pas savoir de quoi parler ce soir‑là.

Il se ressaisit toutefois bien vite, plaisantant avec le public et ses musiciens, pour une soirée mémorable et diablement divertissante. Car à «l’émission Drogue et bière», on ne se prend pas au sérieux. Cela dit, la qualité musicale et celle des textes, de même que le rendu du spectacle, semble être une priorité pour Bernard Adamus, sous ses dehors d’incorrigible fêtard…

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