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La Donation et Élise Guilbault en conclusion

(Photo Pierre Latour)

La Donation et Élise Guilbault en conclusion

Ciné-Groulx

C'est un film tout en images que Bernard Émond a tourné avec La Donation, troisième film de sa trilogie sur les vertus théologales avec La Neuvaine et Contre toute espérance, un bijou ciselé dans le talent d'Élise Guilbault.

Ces images, ce sont celles de l’Abitibi, du plat pays de Normétal où l’on se retrouve immigrant dans sa propre contrée. On y sillonne des routes longues comme des veines amenant la vie dans des villages en marge de tout.

L’urgentologue Jeanne Dion (Élise Guilbault) viendra prendre la relève du docteur Rainville (Jacques Godin) jusqu’à occuper sa résidence et prendre son cabinet. L’acclimatation est une affaire de temps et c’est ce que le réalisateur a réussi à filmer, en occultant volontairement le passé de cette femme en transition que la comédienne joue avec intériorité.

Aucun geste et d’une rare économie de moyens, cette composition n’a pas été chose facile. En rencontre après le visionnement, Élise Guilbault nous a éclairés quant à cette réalisation linéaire dans un champ régulier.
«C’est le fond de ton âme qui m’intéresse», avait annoncé le réalisateur à sa comédienne, qui a tout de même trouvé difficile ce jeu stoïque très serré, qui la privait de toute possibilité d’improvisation. Il en résulte un film émouvant qui n’aurait pu être possible sans les vingt-cinq années de théâtre d’une comédienne talentueuse, de surcroît brillamment dirigée.

Sans gestuelle et bâti à force de patience donc, le film épouse l’austérité du pays qu’il relate. «Regardez le paysage, prenez le temps», sera le seul conseil du boulanger (Éric Hoziel), un être tout aussi secret ramené à Normétal par cette nécessité fondamentale du film: servir.

Avec de tels personnages, un cinéaste américain aurait inventé des passés troubles avec un placard rempli de cadavres, mais Émond laisse son spectateur faire son bout de chemin et l’on en ressort comme à la conclusion d’une nouvelle brillamment écrite.

Heureusement qu’il y a Ciné-Groulx pour rallonger la vie de ces films révélateurs et aussi l’ami Frédéric Lapierre pour les animer, en nous amenant des artistes aussi importants qu’Élise Guilbault.

Je l’aimais, le 14 janvier

Le jeudi 14 janvier, Marie-Josée Croze apparaîtra dans le personnage de Mathilde, dans le drame Je l’aimais, de Zabou Breitman, avec Daniel Auteuil dans la peau d’un homme qui n’a pas osé et qui relatera, en une nuit, ce tournant de sa vie qu’il n’a pas su prendre.

Le documentaire de Laura Bari intitulé Antoine mettra en scène des enfants, principalement Antoine Huang, dont la cécité est compensée par une soif d’apprendre et un imaginaire débridés. C’est une intrigue de détective jouée par des enfants et sans apitoiement sur le handicap que vous verrez, le jeudi 21 janvier, ce qui conclura la saison de Ciné-Groulx avec un court métrage en ouverture.

Ciné-Groulx est présenté au Cinéma Guzzo de la Plaza Sainte-Thérèse pour la modique somme de 5 $. Information: 450-434-4006 ou www.theatrelg.com.

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