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La demande spéciale de Réjean Ducharme

Photo Claude Desjardins

Le metteur en scène Ghyslain Filion, en discussion avec deux des interprètes de J’veux de l’amour, Mélodie Lupien et Marc-Antoine Gauthier.

Le metteur en scène Ghyslain Filion.

La demande spéciale de Réjean Ducharme

J’veux de l’amour

Au compte-goutte. À la pelle. À Beyrouth. Au bordel. J’veux de l’amour! Le titre réfère à une chanson de Robert Charlebois, écrite par Réjean Ducharme, et ça tombe bien puisque c’est l’univers de cet immense auteur sans visage (ou presque) que les finissants en théâtre musical du collège Lionel-Groulx visiteront devant vous, du 14 au 18 décembre.

Aux commandes de cette production qui compte pas moins de 15 interprètes, le metteur en scène Ghyslain Filion reprend une idée que lui avait proposée Alice Ronfard, dans le cadre d’un hommage rendu à Réjean Ducharme, en août 2005, lequel figurait au programme du Festival de Trois tenu à la Maison des arts de Laval. Il en avait résulté un exercice de lecture entrecoupé de chansons que le metteur en scène vient de retravailler et d’adapter pour ce spectacle qui contient finalement 18 chansons et des extraits puisés dans l’œuvre romanesque et théâtrale de l’auteur décédé en 2017.

Autour de Bérénice

«L’œuvre de Ducharme est peuplée d’enfants qui ne veulent pas adhérer au monde des adultes. C’est une thématique récurrente. On ressent aussi chez lui un grand besoin d’amour. C’est une dimension que l’on retrouve dans la plupart de ses personnages. C’est aussi quelqu’un qui a toujours refusé le compromis et qui en a payé le prix. C’est très rare et j’admire les gens qui sont comme ça» , de dire Ghyslain Filion, lui qui annonce un spectacle bâti autour de Bérénice Einberg, personnage central du roman L’avalée des avalés, une adolescente aux prises avec un incommensurable mal de vivre et, de surcroît, en révolte contre tout.

«Plusieurs chansons de Ducharme portent aussi sur la nostalgie de l’enfance» , reprend le metteur en scène pour suggérer cette fracture entre cette période créative de l’existence et le monde mécanique et aseptisé des adultes, tel que le concevait l’auteur.

Dans l’espace

Ces deux dimensions s’opposeront dans un espace conçu par Juliette Thiriet, laquelle jouera avec les hauteurs, au studio Charles-Valois de l’institution thérésienne, tantôt pour évoquer les terrains de jeux de l’enfance, sinon les ruelles d’une ville, des surfaces restreintes sur lesquelles les interprètes se tiendront, joueront, chanteront et danseront. Autre particularité, l’espace de jeu, pratiquement nu, s’ouvrira sur trois côtés, ce qui aura posé maints défis, tant au metteur en scène qu’aux deux chorégraphes, Marie-Josée Tremblay et Josée Beauséjour qui, étant donné le nombre d’acteurs à faire bouger, ont opté pour une gestuelle épurée, avec l’idée de toujours mettre l’accent au bon endroit, le tout sans contrainte de style.

C’est cette même Juliette Thiriet qui signe les costumes de cette production, elle qui s’est inspirée de l’esthétique des années 1970, mais qui s’est aussi permis de souligner le caractère intemporel du propos. Aux éclairages, Coralie Cloutier dit avoir cherché à représenter l’univers intérieur de Ducharme, à souligner la poésie de l’enfance et la froideur de la ville. «Comme il n’y avait pas vraiment de décor à éclairer, je me suis surtout employée à créer des ambiances plutôt que des effets» , dit-elle.

Six représentations de J’veux de l’amour sont prévues au studio Charles-Valois, du 14 au 18 décembre (deux spectacles le 15). Les billets sont en vente au Cabaret BMO situé au 57, rue Turgeon à Sainte-Thérèse. Vous pouvez également profiter de l’achat en ligne, au [http://www.odyscene.com]. Information: 450 434-4006.

 

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