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La belle et la bête: les contraires s’attirent

Christyne Proulx et Pêche.

La belle et la bête: les contraires s’attirent

Couleurs éclatantes, textures vivantes, œuvres imposantes. Voilà ce à quoi il faut vous attendre en vous rendant à la Galerie d’art de Blainville.

Plus précisément, c’est l’exposition La belle et la bête, fruit du travail des artistes peintres Christyne Proulx et Gérald Lamoureux, qui s’y tient jusqu’au 27 janvier prochain. En unissant leurs univers artistiques, Proulx et Lamoureux les opposent par le fait même, explorant ainsi le contraste entre l’abstraction et le figuratif.

Le premier concept, celui de la sensation pure et de l’absence de réalité concrète, la «bête» du titre de l’exposition, est plutôt travaillé du côté de Gérald Lamoureux. Celui-ci propose deux styles et techniques tout à fait distincts pour s’exprimer. On peut tout d’abord observer un travail tout en lignes droites et en courbes dans des toiles à l’acrylique de grand format, à la symétrie irréprochable. Les couleurs vibrantes de cette série Fantaisies d’un psy sont appliquées avec une grande précision par ce psychologue de formation. Ludiques, elles peuvent être regardées à l’horizontale ou à la verticale et seront d’ailleurs retournées à plusieurs reprises durant l’exposition pour permettre d’en saisir tous les détails.

Les observateurs remarqueront aussi, dans la pièce Bunny rouge, que l’on peut déceler différents personnages selon que l’on fixe les parties blanches ou noires du tableau. Une autre facette de la personnalité de Lamoureux est révélée dans des pièces de plus petit format, où le pigment pur de la couleur est directement écrasé dans le vernis, puis apposé sur la toile. Différents degrés de lustre et couleurs sont alors révélés suite au séchage, ce qui apporte un côté très vivant, très texturé à l’ensemble, mais unique à chaque tableau.

Ce sont les «belles» de Christyne Proulx qui constituent le côté figuratif de l’exposition. Mais ces belles ne se contentent pas de poser, elles crèveraient l’écran si elles en avaient la possibilité. Et bien qu’elles soient censées être le reflet des réalités du monde visible, elles sont quand même traitées de manière très colorée, très dynamique, parfois proche de l’abstrait.

En effet, les visages et les corps humains, surtout de femmes, semblent se mouvoir sur les toiles de grande dimension, les coups de pinceau se chevauchant, métissant des couleurs et des textures inusitées dans ce type de représentation.

Par exemple, la pièce Coup d’œil attire le regard par sa déclinaison de verts, bleus et turquoise s’opposant au rouge des lèvres, et surtout l’œil lunaire du personnage, qui semble vivant. Le travail de Christyne Proulx est exubérant, criant. Les traits des personnages sont exacerbés, occupant tout l’espace des toiles comme si le cadre en était trop petit, comme s’ils voulaient en sortir et prendre vie.

Ensemble, les styles pourtant bien différents des deux artistes se lient de façon cohérente et intéressante. Le concept de duo/duel artistique est clair, ses oppositions réussies. Le spectateur prend plaisir à observer textures et contrastes, particulièrement devant la dernière et imposante pièce de l’exposition. Œuvre commune et improvisée lors du montage de l’exposition: entourant la Pêche de Christyne Proulx, une multitude de petits encadrements de Gérald Lamoureux lui tient lieu de cadre, pour un effet saisissant.

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