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Ima: le jour et la nuit

Ima, lors de son passage au Théâtre Lionel-Groulx, dans le cadre de la tournée entourant son plus récent opus, Precious.

Ima: le jour et la nuit

Dans une lumière d'un vert bleuté, des sphères blanches sont suspendues dans les airs. Des musiciens entrent en scène, se saluent. Prenant place à leur instrument respectif, ils en extirpent des sonorités teintées de mystère. Une voix puissante aux inflexions exotiques emplit alors l'espace.

Voilà donc Ima qui se joint à l’orchestre, faisant son entrée depuis le fond de la salle, sa longue robe virevoltant derrière elle. C’est par cette jolie mise en scène que l’artiste amorçait son passage au Théâtre Lionel-Groulx, dans le cadre de la tournée entourant son plus récent opus, Precious.

Avec l’aide du metteur en scène Joël Legendre, Ima a voulu concocter un spectacle qui lui permettrait de voguer d’un album à l’autre, de se révéler au public en musique et en confidence. C’est ainsi qu’elle s’adresse souvent à un auditoire éclairé de faisceaux lumineux, ce qui lui permet de bien voir ses réactions et de s’en abreuver.

On en apprend, de cette façon, sur le parcours d’Ima, ses mentors et l’histoire d’amour particulière de ses parents, mais aussi sur sa manière de voir la vie. Pieds nus, Ima fait danser sa longue jupe sur des rythmes à saveur souvent latine, rieuse et animée d’une belle énergie.

Dans de superbes atmosphères lumineuses, elle prend place sur une balançoire descendue des cintres au profit de la «petite Ima» qu’elle laisse parfois s’échapper, ou sur un tabouret pour une ambiance intimiste. Elle nous livre ses succès radio, mais également des relectures bien personnelles de pièces qui lui sont chères, le tout dans un écrin au fini un peu trop léché, à la gestuelle si étudiée qu’elle contraint la transmission de l’émotion.

Le vent tourne cependant en seconde partie de concert, durant laquelle Ima semble se libérer du carcan de cette mise en scène jolie mais proprette. Arborant maintenant un jean noir, une veste de cuir et des escarpins vertigineux, l’artiste nous convie à une sorte de fête plus décontractée et moins rêveuse et convenue, à l’image des pièces rock, blues et disco au menu.

La voix d’Ima, au demeurant toujours superbe et à la maîtrise sans effort, se fait nuancée et délicatement éraillée, émouvante sur A Change is Gonna Come ou For You my Precious Love, alors que ses gestes se font amples et joyeusement désordonnés pendant Da Ya Think I’m Sexy ou bien Stuck in the Middle with You.

C’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle nous offre, et que l’on reçoit, ses interprétations senties et dynamiques, appuyées par la solide présence de l’orchestre. L’artiste s’amuse ferme, invitant des spectateurs sur scène le temps d’une Gigi L’amoroso au kitsch assumé, s’offrant la totale «style Madonna au Super Bowl» avec les moyens du bord ou encore s’éclatant carrément en finale avec Me and Bobby McGee.

C’est donc un étonnant virage à 180 degrés qui s’opère durant ce concert d’Ima. Mais comme l’artiste désirait, par ce spectacle, se révéler à son public et lui faire connaître les différentes facettes de sa personnalité musicale, on peut donc dire que c’est un pari tenu pour Ima, qui expose ici deux les côtés de sa médaille.

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