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Humour: les Denis comme du monde

Les Denis ont réellement évolué avec ce dernier spectacle au texte extrêmement touffu.

Humour: les Denis comme du monde

Les Denis Drolet peuvent-ils agir et devenir comme tout le monde? Leur nouveau spectacle les placera-t-il parmi les vrais humoristes, ceux qui savent faire des jokes? On y reviendra plus loin. Mais chose certaine, on était bel et bien au pays des Denis, vendredi dernier, à l’église Sacré-Cœur.

C’était absolument génial de retrouver les deux mésadaptés bruns dans cette formule cabaret, dont la proximité favorisait la mécanique de ce théâtre absolument éclaté.

Leur nouveau spectacle provoque peut-être moins de rires que le dernier, mais étonnamment, il est sans doute meilleur encore par sa structure et sa consistance.

La Petite Vie demeure l’œuvre ultime de l’humour absurde, mais en dehors de cette production, personne ne navigue aussi franchement dans la folie que les Denis et ils ont réellement évolué avec ce dernier spectacle au texte extrêmement touffu.

Leur dernière production était une enfilade de sketches tous plus hilarants les uns que les autres, avec des costumes et des accessoires aussi fantastiques que les chansons qui faisaient lever la salle, alors que ce dernier opus schizophrénique met en scène un profond doute sur leur paternité en devenir.

L’automatisme gère la réflexion dans la tête des Denis et les liens que leurs synapses établissent de façon aléatoire entre leurs neurones consanguins confondent parfois la réalité avec l’idée qu’ils s’en font. Nous préférions vous en avertir.

Dans leur nouveau palmarès, la chanson S’il faut changer est très accrocheuse, mais l’idée de nous imposer les tounes les plus dégoulinantes de romantisme durant l’entracte avait un petit quelque chose d’irritant. Joe Dassin, Nana Mouskouri, Alain Delon, Alain Barrière… ça peut être long, un entracte.

Mais malgré sa platitude, cet entracte s’avérait tout à fait utile au spectacle, puisque les Denis nous en revenaient vieillis, plus matures et davantage posés.

Du moins jusqu’à ce que les répliques saugrenues arrivent à nourrir des idées parfaitement déjantées pour ramener les deux zigotos dans leur monde d’une dialectique extralucide, où l’on peut jouer à avoir des enfants juste pour voir.

Vincent et Sébastien sont visiblement en très grande forme et leur jeu physique est parfois explosif durant les deux heures que nous avons passées sans jamais une seule minute d’ennui, en excluant l’entracte.

Il ne peut pas y avoir de formule dans l’absurde, pas de prescription ni de plan, seule l’inspiration nourrit l’écriture et les personnages des Denis nous ont prouvé qu’ils pouvaient vraiment changer, évoluer et faire comme du vrai monde. Mais que ça ne ferait pas d’eux du monde pour autant.

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