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Humour: Eddy, le Roi

Eddy King, le Roi!

Humour: Eddy, le Roi

Sachez que ce n'est pas Eddy, mais Edgar. Et c'est sa mère qui en fait l'annonce officielle (par mode de pré-enregistrement) dès le début de son spectacle solo au Théâtre Lionel-Groulx. Et après cinq minutes de prestation, nous étions fixés: Eddy (et non Edgar) King nous ferait rire.

Comme tous les artistes dont la filiation est différente du pays d’accueil, une rétrospective de son passé s’imposait. Eddy King est né en France et a grandi dans la cité de Goussainville, en banlieue de Paris. Il est arrivé au Québec en 1995, avec sa mère congolaise, une femme qu’il respecte et admire au plus haut point.

Un passé atypique

De son passé, on retiendra la violence qu’il a vue dans les cités, les 400 coups qu’il a faits avec son meilleur copain, le racisme tenace et les policiers, qu’il tournera au ridicule à quelques reprises…

«Les policiers sont ridicules là-bas, j’te le dis. Quand on les voit arriver avec leur sirène qui fait pimpon, pimpon, comment tu veux que?…»

Enchaînant les punchs les uns après les autres, il mettra de l’avant les techniques de drague des Africains, pratiques qu’il expliquera en imitant parfaitement leur accent. Des anecdotes sur sa mère, il y en aura en quantité, aussi. Celle qui occasionnera bien des rires sera l’épisode où elle se bat dans le métro parce qu’un blanc lui a refusé des excuses à propos d’une remarque à l’égard de sa couleur de peau. «Elle lui a foutu un de ces coups de boule (NDLR: de tête) j’te dis pas, elle ressemblait à un mélange de Chuck Norris et de Zidane. Alors, quand t’as vu ça dans ta vie et que ta mère te dit: range ta chambre, tu le fais!»

Passant avec agilité d’anecdotes de la vie courante à des retours dans son passé, il pose un regard averti sur les préjugés qui circulent dans la société. Ainsi, il en fera un avec Tintin au Congo en n’hésitant pas à démolir au passage quelques fausses croyances. Au moyen d’un «iPud» géant duquel figureront des dessins de la célèbre bande dessinée, il en pointera deux qu’il juge agaçants: «Non mais! As-tu vu la couleur des Congolais sur cette image? Ils sont super noirs! Depuis quand on est aussi noir que ça? Et leurs lèvres? As-tu vu leurs lèvres, elles ressemblent à des saucisses à hot-dog. Moi, j’ai jamais vu ça, sauf sur Anne-Marie Losique!»

Avec ses trois cultures africaines, françaises et québécoises, qu’il mélange gaiement durant tout son spectacle, on comprendra pourquoi Eddy King possède cette facilité d’adaptation lorsqu’il improvise sur scène. On s’amusera aussi beaucoup de cet échange entre une spectatrice au rire si communicatif qu’il lui demandera au final si elle va bien. Drôle à souhait également, son malaise à manger une banane devant un blanc.

Véritable touche-à-tout, Eddy King est aussi à l’aise pour parler de sexe, de rap, que de politique ou d’immigration.

Petit coup de cœur à la fin de son spectacle, alors qu’il nous «rappera», entre autres, ses remerciements et son affection pour Sainte-Thérèse.

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