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Concert, Jorane, église Sainte-Thérèse-d'Avila

Jorane occupait l’église Sainte-Thérèse-d’Avila, le samedi 18 mai, dans le cadre du Festival Santa Teresa. (Photo Charline Clavier, courtoisie)

Festival Santa Teresa : magnifique Jorane

On ne saurait dire le contraire, le monde est vaste et la beauté loge un peu partout. Heureusement, elle sort parfois de chez elle pour aller à la rencontre des gens (c’est la finalité de l’art), offrir ce qu’elle a de meilleur à une poignée de chanceux qui n’en demandaient pas tant. Et qui prennent tout.

Des moments comme celui que nous a offert Jorane, au Festival Santa Teresa, le samedi 18 mai, on voudrait pouvoir les partager avec tous ceux qu’on aime. Comme la chose n’est pas toujours possible, on les garde pour soi, on ferme les yeux et on savoure ce qu’il en reste, c’est à dire des images fugaces, des instants précis où l’archet se fige, le visage tout sourire de l’artiste, cette voix qui module dans un registre généreux et cette musique enveloppante, pénétrante, berçante, qui fait tout le bien qu’on peut imaginer.

Le long voyage

Pendant que ça rappait ferme avec OrelSan, à l’extérieur, pendant que le rock alternatif de MGMT mobilisait un large public immédiatement après lui, le Festival Santa Teresa exprimait résolument sa grande diversité, tout juste à quelque pas, en programmant ce spectacle détonnant dans l’église Sainte-Thérèse-d’Avila, laquelle baignait dans une lumière bleue et chatoyante projetant ses motifs aquatiques sur les murs, les plafonds et jusque sur les gens (une conception d’Atomic3).

Entourée de ses onze musiciens, Jorane poussait un peu plus loin cette démarche entreprise il y a un an, alors qu’elle proposait à ce talentueux équipage de l’accompagner dans sa quête, c’est à dire la création d’une œuvre musicale qui se donnerait tout le temps voulu pour émerger du néant et se construire de façon organique, dans une structure tout de même bien maîtrisée par l’artiste.

On les sent d’ailleurs totalement investis et heureux d’être sur le coup, les Simon Godin (guitare), Mathieu Désy (contrebasse), Pete Petelle (batterie), Robert Normandeau (électroacoustique), Louis-Philippe Quesnel (programmation et échantillonage), Geneviève Clermont et Vanessa Marcoux (violons), Lana Tomlin (alto), Sophie Coderre (violoncelle) et les choristes Chloé Lacasse et Geneviève Toupin.

Depuis un an qu’ils travaillent sur les motifs créés par Jorane (c’était seulement la deuxième fois qu’on se produisait devant public), vous pensez bien que la chose semble déjà tout à fait achevée. Qu’à cela ne tienne, notre laborantine ne nous avait pas encore entendu chanter les mantras qu’elle nous dicterait ici et là, tout au long des deux heures que durerait ce concert.

Le temps qu’il faut

Avons-nous contribué à quelque chose? Qu’importe, nous avons joué notre rôle de public en accueillant cette proposition musicale singulière, une sorte d’expérience sensorielle (même l’ami Rezzonico, de Radio-Canada, écrivait avoir frisé l’apesanteur) qui vous prend d’abord par les oreilles, mais qui parle au cœur et au corps tout entier, qui vous mène partout par le bout du nez dans des envolées qu’on ne voit jamais venir et qui s’élaborent lentement et longuement, sur des motifs aux résonnances parfois celtiques (du celtique progressif, tiens!) et toujours cette voix si belle et cette langue unique qui se crée d’elle-même, dans l’hémisphère droit, parce que la voix, justement, dans l’univers de Jorane, est un instrument qui ne parle qu’à ses semblables.

On ne voudrait pas lui tirer l’oreille, mais on aimerait bien qu’elle ne tarde pas trop et qu’elle produise bientôt un album avec tout ça. D’accord, on peut patienter avec Hemenetset, un EP de quatre chansons qui vient tout juste de paraître et qui se veut le premier jalon sur la cartographie d’une œuvre beaucoup plus vaste et plus ample. À la limite, on lui laisserait bien le temps de faire le tour du monde. Mais pas plus.

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