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Éric Lapointe: coulé dans le rock

Éric Lapointe et Rick Hughes dans l’un des moments les plus appréciés du public.

Éric Lapointe: coulé dans le rock

Il y a de ces concerts où la musique semble parfois secondaire, injustement reléguée au second rang par une mise en scène aussi tape-à-l’oeil qu’inutile ou de longuettes introductions. Il y en a d’autres où la musique règne en maîtresse absolue, où l’artiste se nourrit de son énergie pour la retransmettre au public, la musique devenant un matériau brut, organique, à la source duquel on peut directement s’abreuver.

C’est ce que réussissaient Éric Lapointe et son orchestre, lors de leur plus récent passage sur les planches du Théâtre Lionel-Groulx, le 20 septembre dernier. Une soirée coulée dans le rock, menée par un Lapointe apparemment au sommet de sa forme.

Le ton est donné dès les premiers instants du spectacle, alors que le chanteur fait son entrée sur le plateau, entamant Des hommes qui tombent. Tout le monde est debout et le restera, les plus hardis se massant devant la scène pour accueillir un Éric Lapointe arborant son uniforme de cuir et de denim déchiré, un crucifix se balançant sur sa poitrine.

Il enchaîne aussitôt avec une Coupable lourde et lancinante, à l’image de Loadé comme un gun ou Belle dans’tête, au rythme desquelles on oscille doucement et gravement, portés par les guitares pesantes et les paroles sombres.

S’il est peu loquace, s’adressant au public brièvement sans prendre de détours, il s’avère néanmoins très près de lui physiquement, s’agenouillant sur le nez de la scène pour toucher des mains, pour plonger son regard dans ceux de ses fans. Il leur parle avec humour et humilité, comme à des amis, comme s’il était venu non pas chanter pour eux, mais avec eux. Cela semble particulièrement vrai alors qu’il se lance dans N’importe quoi,l’un de ses tout premiers succès en carrière. Cette pièce réunit les spectateurs de tous les âges dans un grand moment de communion musicale, chacun greffant sa voix enthousiaste à une touchante chorale du public.

Avec ses complices, les excellents Rick Bourque (batterie), Bruce Cameron (piano, guitare et voix), Mic Myette (guitare), Stéphane Dufour (guitare), Martin Bolduc (basse) et Rick Hughes (voix), Éric Lapointe livre la marchandise avec une énergie sans cesse renouvelée.

Durant près de deux heures sans entractes, il enfile les succès sans relâche. D’une Marie-Stone à la finale délirante à une Terre promise rassembleuse à la conclusion déchaînée, il passe par les résolument rock Tendre Fesse et autres Priez, ou encore les plus douces 1 500 milles, Motel 117 et La Bartendresse, le spectacle culminant par une Mon ange très attendue.

En plus de ses propres succès, Éric Lapointe offre des relectures de Richard Desjardins, l’émouvante Un beau grand slow, et de Plume Latraverse avec une fougueuse Bobépine. De plus, il livre, accompagné de Rick Hughes et de son incroyable voix, des versions endiablées de Highway to Hell de AC/DC et de Ce soir on danse à Naziland, tirée de Starmania, en faisant deux moments particulièrement appréciés du public.

Ce qu’il y a de magnifique chez le chanteur, c’est l’importance capitale, viscérale, qu’il accorde à la musique et ses fans. Lorsqu’il entre en scène, c’est comme s’il interprétait toutes ces pièces pour la première fois plutôt que de les trimballer depuis dix ans, vingt ans. Loin d’être blasé, Lapointe chante avec une réelle intensité et une émotion sincère, faisant ainsi généreusement sa part dans la relation donnant-donnant qu’il entretient avec ses fans depuis le début de sa carrière.

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